Critiques

L'Impératrice

Pulsar

  • Microqlima
  • 2024
  • 40 minutes
7,5

Le succès de L’Impératrice ne se dément pas. Depuis Matahari, le groupe a suivi une trajectoire ascendante qui l’a porté jusqu’aux scènes les plus prisées de la terre comme le festival Coachella à Indio en Californie. Bref, les Français ont fait du chemin depuis leur excellent premier album. Le groupe continue sur Pulsar de creuser la recette d’une pop-disco héritière de la french touch, mais qui possède aussi sa propre couleur.

Si le groupe semble prendre une tangente plus mondiale en variant les langages, c’est un angle qui se trouve bel et bien dans l’album où Flore Benguigui chante principalement en français, avec plusieurs plongées en anglais en plus des invités qui chantent dans leur langue. Cependant, on évite donc le piège de la version anglaise de Matahari qui était beaucoup moins intéressante que sa version francophone. Depuis, elle a expliqué, dans une entrevue, que le processus de traduire une chanson avait été particulièrement bizarre pour elle. Ici les chansons sont faites pour être chantées dans la langue dans laquelle elles ont été écrites.

Sur Pulsar, il est question d’amour, de solitude et du plancher de danse qui prennent une place importante dans le discours de la formation. Il faut dire que les bassins se délient face aux rythmes veloutés et contagieux de L’Impératrice. C’est encore une fois une tendance bien lourde sur l’album, comme le démontre Amour Ex Machina, Me Da Igual et l’anglophone Girl!. C’est vrai aussi pour la chanson-titre particulièrement mélodieuse de l’album qui, sur des rythmes dansants, chante une relation qui ne fonctionne pas.

Les invités sont nombreux sur Pulsar. On en avait eu un avant-goût avec Fabiana Martone qui vient chanter en italien sur la convaincante Danza Marilù. On retrouve aussi Maggie Rogers qui vient ajouter une touche r&Besque sur Any Way. Sur celle-ci, Flore Benguigui se fait beaucoup plus discrète, laissant beaucoup de place à l’Américaine. Erick the Architect vient pour sa part livrer quelques rimes sur Sweet & Sublime. C’est intéressant, même si ce n’est pas l’intégration la plus réussie du rap dans une trame plus pop.

On sent que L’Impératrice a solidifié la recette musicale qui a fait son succès. Pulsar est davantage tourné vers l’énergie de la scène et délaisse un peu les expérimentations que faisait le groupe. Même si ç’a toujours été très pop, il y avait des petites folies qui nous surprenait et les surprises se font moins nombreuses sur Pulsar qui demeure un très bon album. Florence Benguigui est toujours aussi efficace comme chanteuse et écrit mieux que par le passé et le talent de compositeurs des membres du groupe continue de se perfectionner. Ce sera bien de voir comment le tout se traduit sur scène et si ce dynamisme qui semble si parfait pour les planches crée des feux d’artifice.

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