Critiques

Kevin Morby

Sundowner

  • Dead Oceans Records
  • 2020
  • 46 minutes
7

Après un long séjour à New York, ville ayant fait naître et mûrir tellement d’artistes, un jeune rêveur du Kansas passé par là s’est transformé en un homme différent. Adieu, La Grosse Pomme ! Kevin Morby a fait ses valises, parti s’installer dans son Kansas natal, emportant avec lui le fruit des années passées comme bassiste avec la formation Woods ainsi quune belle liaison avec Cassie Ramone. Cette idylle a fait naître The Babies ainsi que cinq longs albums sous son propre nom. Sur Sundowner, Morby retourne finalement à la maison.

Sundowner laisse place à la contemplation, les mélodies s’allongent pour mieux retomber en cadences plus rythmées. Morby renforce sa réputation de chansonnier livrant des textes et des accords très libres dans la forme. L’album est une sorte d’invitation à s’asseoir, respirer, se détendre. Les chansons, quoique bien composées, ne font pas dans la dentelle. C’est un peu comme si Morby nous invitait, près d’un feu, à écouter son vagabondage musical, tout en nous laissant le libre choix de s’écarter, soit physiquement ou à l’intérieur de nous-mêmes, pour enfin revenir à l’écoute sans avoir vraiment manqué quoi que ce soit d’important.

Brother, Sister est la pièce la plus énergique de l’album, on sent une sorte de cérémonie, une sorte de chanson à répondre nous liant de corps et d’esprit avec l’artiste. Valley entame l’album avec hargne, laissant la poussière retomber quelques chansons plus tard avec Campfire. Sundowner c’est l’appel de la maison, la maison à l’intérieur de soi. Sur A Night At The Little Los Angeles, Morby semble survoler le paysage avec un aura de sagesse immense, son écriture est à son apogée :

« And Life is not some fairy tale

Or a bible that God hands us

Put your hands around my throat and ask me what’s my name

Look me in the eye, i’ll tell you Kansas »

– A Night At The Little Los Angeles

Kevin Morby semble en quelque sorte faire ses adieux à un projet accompli, le sien. C’est à se demander ce que le futur réserve pour le chansonnier. Peut-être un nouveau projet, sous un autre nom. Peut-être un projet plus concret avec Waxahatchee, qui fait résonner son influence et parsème sa voix un peu partout sur l’opus.

Tel un feu de camp, l’album est chaleureux. Et, lorsque tantôt dansent les flammes laissant un spectacle agréable, tantôt les bûches s’affaissent en une petite braise chaleureuse, alors que, dans la cendre, réside le passé d’un feu qui ne sera jamais plus. Sundowner est bon, mais lorsque l’album s’achève, l’auditeur a l’impression de tourner une page – la fin d’un chapitre, sans vouloir y revenir.

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