Critiques

Kaiser Chiefs

Education, Education, Education & War

  • ATO Records
  • 2014
  • 47 minutes
6

KaiserChiefs_EducationEducationEducationWar_560Le quintette rock originaire de Leeds, Angleterre, formé en 1997 et nommé Kaiser Chiefs, fait paraître aujourd’hui même sa cinquième offrande studio intitulée Education, Education, Education & War. Un changement non négligeable est à noter. En effet, le batteur Nick Hodgson a quitté le navire afin de faire place à Vijay Mistry. Enregistré au studio Maze à Atlanta, Georgia, sous la houlette de Ben H Allen III (Gnarls Barkley, Animal Collective, Deerhunter), ce disque est-il aussi efficace que les deux premiers rejetons, Employment (2005) et Yours Truly, Angry Mob (2007)?

Pas tout à fait, mais l’énergie est définitivement au rendez-vous. Cette fois-ci, Kaiser Chiefs y va d’une création totalement «arena rock» et fédératrice. Le groupe présente des chansons rock gonflées à l’hélium, qui n’offrent aucun répit au mélomane conformiste avide de ce genre musical. Le menu est peu subtil et bourré de calories vides, les refrains sont prévisibles et les guitares faussement tonitruantes. Néanmoins, ces ritournelles rassembleuses sont livrées avec un indéniable aplomb et une détermination qui ferait rougir bien des créateurs du même acabit.

Un paquet de musiciens oeuvrant dans cette sphère musicale sombre dans une paresse navrante, négligeant d’y mettre toute la gomme. On ne peut reprocher à Kaiser Chiefs cette exaspérante lacune. La bande menée par Ricky Wilson (voix) cherche à plaire au plus grand nombre, mais demeure résolument dynamique. C’est ce qui permet à ce Education, Education, Education & War de tenir son bout.

En contrepartie, sur le plan strictement créatif, cette sitedemo.cauction ne redore pas le blason du rock britannique commercial, tant s’en faut. Cet opus est, à tous les égards, racoleur, hyperbolique et entièrement destiné aux radios marchandes. Dans la même catégorie, on vous conseille fortement de laisser vos oreilles sur Arctic Monkeys (n’en déplaise à certains, on classe les Monkeys dans cette famille musicale) qui dispense un rock plus nutritif et des compositions nettement moins présumables.

Qu’à cela ne tienne, Kaiser Chiefs obtient la note de passage à la faveur que quelques brûlots bien tournés. On pense à l’incandescente The Factory Gates, le tonitruant solo de guitare, mais opérant, dans Misery Company, le refrain plus grand que nature dans One More Last Song ainsi que l’excellente My Life. En revanche, cette conception sonore se termine mièvrement avec trois morceaux grand-pères: Bows Arrows, Cannons et Roses.

Friands de musique rock unificatrice élémentaire, vous ne serez pas déçus de retrouver Kaiser Chiefs dans une forme respectable, malgré le penchant académique de l’affaire. Le moins qu’on puisse dire c’est que la troupe ne lésine pas sur le dynamisme, même si ça demeure franchement étudié et grandiloquent. Un disque honnête!

Ma note : 6/10

Kaiser Chiefs
Education, Education, Education & War
ATO Records
47 minutes

www.kaiserchiefs.com/cominghome/

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