Critiques

Junip

Junip

  • Mute Records
  • 2013
  • 43 minutes
7,5

Junip1Junip lance cette semaine son deuxième opus en plus de quatorze ans d’existence! Formé en 1998 par Elias Araya (batterie et pas de parenté avec le chevelu Tom), Tobias Winterkorn (claviers et orgues) et José Gonzáles (voix et guitare), le trio s’est permis d’attendre jusqu’en 2005 pour faire paraître un premier maxi et un autre cinq ans avant le premier long jeu avec Fields en 2010. Loin d’être par paresse, Araya et Winterkorn attendaient que Gonzáles ait du temps à sa disposition, vu sa carrière solo florissante. Voilà que la formation se laisse moins attendre pour arriver avec son deuxième album.

Lorsque questionné sur la raison du titre, Gonzáles a décrit le processus de création, de l’écriture à l’enregistrement, en passant par le quotidien, comme une montagne russe avec ses bons et ses mauvais moments. Il était donc normal pour le trio de nommer ainsi la nouvelle galette. Un nouvel opus très intéressant. Faisant l’alliage entre le folk de Gonzáles, les atmosphères de Winterkorn, l’ensemble conservé en cohésion par les percussions d’Araya; le résultat est magnifique à l’oreille.

Déjà avec le premier extrait Line Of Fire, Junip s’affirmait avec une pièce qui rappelle les sonorités utilisées sur Rêver Mieux de Daniel Bélanger, mais qui remémorent surtout les atmosphères sonores du groupe Air. Le trio montre aussi sa maîtrise de la musique alors qu’un assemblage de claviers se termine avec une note franchement dissonante qui chatouille le tympan à la première écoute, mais devient rapidement intoxicante. Your Call nous offre un morceau très accrocheur avec une basse à l’avant-plan qui est complétée d’une trame percussive hautement intelligente et d’un Gonzáles à la voix enivrante. Par la suite, Villain surprend par son côté rock et sa batterie qui rappelle subitement les Black Keys. Junip offre aussi une pièce grisante avec Walking Lightly qui détient quelque chose de mystique avec le côté quasi-mantra des chants de Gonzáles, accompagnés des sonorités d’orgues de Winkerton et encore une fois les percussions enivrantes d’Araya. La formation laisse aussi entrevoir un côté plus sombre avec la glauque Beginnings.

Bref, si l’accouchement créatif de ce Junip a été difficile, la formation peut se féliciter d’avoir passé à travers le processus et de s’en être sorti avec un album hautement intéressant qui saura toucher bien des mélomanes. Je vous recommande fortement de vous y frotter, mais je vous avertis, vous pourriez avoir la piqûre.

Ma note : 7.5/10

Junip
Junip
Mute Records
43 minutes

junip.net/

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