Critiques

Jonathan Personne

Histoire naturelle

  • Michel Records
  • 2019
  • 29 minutes
7

Jonathan Personne est le pseudonyme qu’utilise Jonathan Robert afin de promouvoir sa carrière solo. L’homme est également aux commandes de l’excellente formation montréalaise nommée Corridor et, semble-t-il, qu’il est un artiste visuel doué.

C’est ce vendredi que paraîtra Histoire naturelle, premier chapitre de la jeune carrière du musicien. Pour cette première fois, Robert s’est fait accompagner à la réalisation par Guillaume Chiasson de la formation Ponctuation, en plus de faire appel aux bons services de son comparse chez Corridor, Julien Perreault. Se joignent à eux, Samuel Gougoux de la formation VICTIME ainsi que l’autrice-compositrice-interprète, Laurence-Anne.

Très peu d’informations ont émergé quant aux raisons pour lesquelles Robert s’est lancé dans cette aventure solo. Qu’à cela ne tienne, Robert a fait un très bon choix en s’éloignant momentanément de son projet collectif. Cette Histoire naturelle est un très bon disque qui détonne quelque peu du son indie-folk ou électro-pop habituel qui caractérise trop souvent notre scène musicale.

Inspiré par des histoires d’amour crève-cœur et par cette atmosphère de fin du monde imminente ressentie partout en Occident, Robert ponctue ses chansons de guitares magnifiquement salopées; un son aussi rêveur que psychédélique. L’utilisation d’un trémolo accentue cet effet sonore « narcotique ». Mélodiquement parlant, comme il se doit, la voix est noyée dans la réverbération, mais on y distingue quand même les inflexions vocales du chanteur, très efficaces par ailleurs.

Et comme tout bon « poteux » qui se respecte, Robert propose quelques intermèdes instrumentaux assez dépouillés qui transportent l’auditeur dans un état contemplatif. Peu d’artistes de chez nous osent emprunter cette avenue musicale, et honnêtement, Robert le fait très bien. Le lien de parenté avec Corridor est significatif, mais ce que propose Robert est nettement moins expérimental que ce qu’il a l’habitude de créer avec sa formation. Histoire naturelle est tout simplement une réussite qui fait honneur à la pop psychédélique.

Les pièces de résistance ? L’extrait accrocheur intitulé judicieusement Comme personne, l’excellente ligne de basse dans Sans nom, l’intermède Premiers corps est superbe, l’influence pop psyché des années 60 qui prédomine dans Larry est réussie, Amour et amitié évoque les guitares abrasives d’un groupe comme The Jesus and Mary Chain et Dernier voyage fait quelque peu penser à Deerhunter, époque Microcastle (2008).

Voilà un album accessible qui renferme une bonne dose d’originalité, unicité qui est marquée par cette distanciation voulue du son coutumier que l’on entend dans la plupart des parutions québécoises dites « pop ».

 

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