Critiques

Jean-Michel Blais

aubades

  • Arts & Crafts
  • 2022
  • 43 minutes
8
Le meilleur de lca

Jean-Michel Blais s’est établi comme un pianiste-compositeur d’exception au cours des dernières années avec ses albums II et Dans ma main. Un certain romantisme (émotionnel, pas artistique) colore ses pièces et soyons honnête, ça se poursuit sur aubades. Blais qui n’aime pas le surplace fait un changement majeur sur ce nouvel album et a travaillé avec un orchestre de douze musiciens dirigés par Nicolas Ellis de l’orchestre de l’Agora et de l’OM.

Une aubade, je vais vous sauver la petite recherche, est un «air chanté ou joué, à l’aube ou au matin, sous la fenêtre de quelqu’un ». Autrement dit, c’est la version matinale et un peu plus respectueuse de la sérénade. Et c’est un titre qui est parfaitement en phase avec les pièces lumineuses, dynamiques, parfois amusantes de ce troisième album de Jean-Michel Blais.

Les cordes et les cuivres rajoutent une puissance que l’on n’a jamais sentie chez le compositeur. C’est particulièrement éloquent sur yanni alors que le piano est rapide et nerveux comme un oiseau qui court avant de prendre son envol et, lorsqu’il est temps, l’orchestre vient soulever la mélodie en lui implantant des ailes. Cette liberté que prend la pièce est enivrante et donne le goût à notre esprit de divaguer vers les cieux. Cette nervosité des trames n’est pas unique à cette pièce, alors que passepied offre aussi des moments qui sont presque taquins.

Jean-Michel Blais a visiblement compris, avec son manuel pour orchestre 101 de l’Université de Montréal (lire pour cette référence l’entrevue d’Émilie Côté dans La Presse), comment ces instruments pouvaient venir appuyer ce qui se trouvait déjà dans son jeu de piano. C’est le cas sur flâneur, sur nina et sur la puissante ouessant. Non seulement il en profite, mais cela lui permet de redonner davantage à son piano sa fonction percussive. La mélodie se construit avec l’ensemble des instruments plutôt que de reposer seulement sur le piano.

Cette nouvelle avenue orchestrale que Jean-Michel Blais aborde lui donne de nouvelles possibilités et il les saisit si bien. Encore une fois, il est difficile de rester insensibles devant ces pièces qui sont parfois émouvantes, parfois inspirantes, mais toujours foncièrement authentiques.