Critiques

James Blake

Trying Times

  • Indépendant
  • 2026
  • 48 minutes
7,5

L’Anglais James Blake revient trois ans après la sortie de Playing Robots into Heaven. Sur ce dernier, on sentait qu’il essayait de reconnecter sa pop mélancolique aux sonorités du début de sa carrière. Ça semblait un album de transition. Eh bien, la transition est toujours un cours. Un peu plus avancée, mais ce n’est toujours pas terminé sur Trying Times. On y trouve des moments très convaincants, mais on n’arrive pas encore à l’excellence de ses albums de début de carrière.

Walk Out Music, qui ouvre l’album, donne l’impression qu’on s’en va pourtant vers quelque chose de plus électronique. C’est relativement minimaliste pour Blake, mais ça fait la job. Et ça continue sur Death of Love avec un gros rythme lourd et des sonorités intéressantes. C’est une pièce franchement réussie qui crée une atmosphère un peu glauque propice à exprimer des réflexions sur l’amour et les relations interpersonnelles.

Puis, on revient à la pop mélancolique avec I Had a Dream She Took My Hand et il y a tout de même un effort dans les textures, mais on est soudainement dans un autre registre. Et cette glissade se continue sur la chanson-titre, qui est une des pièces les moins intéressantes de l’album, ce qui est un peu ironique. Et là, se passe un revirement de situation que personne n’attendait : James Blake vire indie-pop-rock avec Make Something Up. Avec de la guitare et tout. Ça surprend un peu sur le coup, mais après quelques écoutes, il faut se rendre à l’évidence : ça lui va bien. Ça lui va très bien. C’est très différent du reste, mais ça marche. La pièce est une supplication pour que l’amour ne se termine pas pour de bon :

Well there’s no plan
For when the sick becomes the nurse
We never rehearsed for that
And there’s no man
Who’d love you the way I can
The universe knows that
Make Something Up

Le reste de l’album continue comme ça dans la surprise et les changements de tons. Il y a Days Go By qui plutôt efficace avec son électro posé qui ne devient pas dansante. Doesn’t Just Happen est un autre moment fort de l’album. James Blake propose une atmosphère sombre sur laquelle Dave vient rapper. D’ailleurs, la collaboration entre Blake et les rappeurs sont toujours heureux et la pièce confirme le tout.

Comme pour Playing Robots into Heaven, il y a un sentiment d’idées qui partent dans plusieurs directions sur cet album. Prise individuellement, les pièces sont bonnes parce que Blake est un auteur-compositeur-interprète de grande qualité, mais l’ensemble se tient un peu moins. Ce n’est pas dramatique non plus. Fait important à noter, c’est la première sortie de James Blake de manière indépendante, même s’il est distribué par Universal.

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