Critiques

James Blake

Assume Form

  • Polydor Records
  • 2019
  • 49 minutes
8,5
Le meilleur de lca

By all means, she can get ahead of herself
I had already be there
I’ll already be there to meet her

– Into the Red

Ces paroles sont celles d’un amoureux confiant qui a trouvé une personne qui l’enflamme. Et c’est le thème central que James Blake aborde sur Assume Form. Des débuts à ces moments de cristallisation où deux êtres décident de se prendre par la main pour faire un bout de chemin ensemble, Blake nous en fait un récit intime et quasi indécent. Préparez-vous à vous faire balancer beaucoup de beauté par les oreilles.

Il s’agit aussi de l’album le plus rythmé de la carrière du jeune anglais. Il fait un certain renouveau dans son aménagement paysager, sans non plus se débarasser de toutes les plantes qui lui ont fait gagner des prix. C’est certainement sa création la plus accessible en raison des nombreuses collaborations et des trames aux influences hip-hop qui la peuple. Assume Form se rapproche un peu plus de ce que Blake faisait sur Overgrown et délaisse la mélancolie pesante du précédent, The Colour in Anything.

Watch the fan as it spins
In my arms, wrapped in
Don’t know where you start
And where I begin
Like I found myself an imaginary friend

– Mile High

Parmi les collaborations réussies d’Assume Form, on retrouve la jeune Rosalía qui se joint à l’Anglais pour l’éthérée Barefoot in the Park. Sa voix aigüe et légèrement fragile se prête magnifiquement aux percussions que Blake met de l’avant. Sur Mile High, c’est Travis Scott qui vient chanter pendant que Metro Boomin s’ajoute à la production. Metro Boomin reste pour la suivante alors que Moses Sumney s’amène pour Tell Them qui compte sur une solide mélodie en plus du talent brut des deux interprètes.

Les chansons plus intimes se faufilent à travers les pièces qui donnent envie de taper du pied. La magnifique Are You In Love? puisqu’on y retrouve James Blake vulnérable et ouvert. L’Anglais envoie même un morceau presque fleur bleue avec I’ll Come Too, une composition qui le fait passer pour un jeune Roméo prêt à tout pour séduire Juliette. Le thème de l’amour est une bonne façon de tomber dans les lieux communs et le déjà vu. Mais Blake trouve le moyen de faire du ski nautique entre les pièges tout en gardant le côté touchant et poignant.

C’est un album tout à fait réussi pour James Blake qui en est maintenant à 4 créations marquantes. Assume Form est plus pop du genre et surtout le plus rythmée et mélodieux. Mais à travers les airs faciles à ingurgiter, il glisse de la complexité musicale et des arrangements somptueux qui travailleront les oreilles. L’authenticité de Blake est payante et brille de mille feux alors qu’il soulève le rideau pour nous inviter dans un univers de séduction et de romantisme assumé.

 

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