Critiques

Jackson Scott

Sunshine Redux

  • Bloodmoss Records
  • 2015
  • 33 minutes
7

Jackson Scott22 ans toutes ses dents et surtout toutes ses oreilles! Cette semaine, le jeune rocker psychédélique nommé Jackson Scott présente son premier album titré Sunshine Redux. Originaire d’un bled perdu, Asheville, Pennsylvanie, Scott puise son influence autant dans les légendes du rock de poteux que les plus récentes pointures telles que le bien-aimé Ty Segall et le narcotique Tim Presley, alias White Fence. Ça vous donne une bonne idée du «ton» de Jackson Scott.

Le jeune homme en a des idées. Il en a tellement que parfois on peine à s’orienter dans ce magma psychédélique saturé. Parlant de saturation, tout est poussé à l’extrême. La batterie, les déflagrations de guitares fuzzées, la voix lo-fi très Marc Bolan (T.Rex), les lignes de basse lourdes, les guitares acoustiques brinquebalantes basses résolutions, tout est «dans ta face»! Pas nécessairement agressant, mais un peu tapageur.

Évidemment, comme tout bon musicien sous influences (c’est le cas de le dire), le jeune homme affiche ses ascendants avec une désinvolture certaine. On y entend du Lennon, du T.Rex, du Beatles, du The Fall (par courts moments), du Syd Barrett, du Julian Cope et un peu de post-punk à des instants succincts. Puisqu’on ne parle pas ici de pied de céleri, Scott rend un hommage fort intéressant à tous ces créateurs lysergiques.

C’est que toutes ces belles intentions auraient eu besoin d’être resserrées afin que les chansons obtiennent un peu plus de retombées concrètes. Cela dit, on apprécie fortement le délassement créatif du ti-cul. On fait référence à l’introduction un brin orchestrale Woodworkk et l’intermède bruitiste Steal. Distrayant… surtout si vous avez consommé du tabac rigolo! Par contre, quand ce même délassement est appliqué à la forme chansonnière (on pense ici à Pacify), le tournis nous prend. Comme si Scott voulait camoufler son manque d’expérience en songwriting.

Cela dit, Jackson Scott est clairement un talentueux. Il nous propose quelques petits bijoux «buzzés» à la hauteur. On songe à la très Segall, Broken Record Repeat, à la conclusion assez I Want You de Lennon titré Ripe For Love, au folk anesthésiant Merry Nightmare, au petit côté post-punk/new-wave évoqué sur Dissonance ainsi qu’au je-ne-sais-quoi de Love And Rockets entendu sur PRPLMTV.

On attendra le deuxième effort de Scott pour se forger une meilleure idée de la pertinence de l’offre sonore du jeunot, mais force est d’admettre que ce premier jet est de bon augure. S’agit de visser les boulons aux bons endroits et un réalisateur en bonne et due forme pourrait bonifier l’ensemble de l’œuvre. Allez! Fanatiques de cannabis! Pas de gêne à vous en rouler un petit!

Ma note: 7/10

Jackson Scott
Sunshine Redux
Bloodmoss Records
33 minutes

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