Critiques

Islands

Taste

  • Manqué Music
  • 2016
  • 43 minutes
5

En 2014, Nick Thorburn a placé momentanément en quarantaine son projet musical nommé Islands. Pourquoi? Parce que cette année-là, le songwriter était occupé, avec ses acolytes des Unicorns, à remettre sur les rails la mythique formation; une série de concerts qui ont particulièrement satisfait les nostalgiques du «Montreal Sound» qui a caractérisé le tournant du nouveau millénaire. L’année précédente, Islands avait fait paraître Ski Mask qui constituait un pot-pourri stylistique de tout ce qu’avait conçu la formation au cours de sa carrière. On y entendait du pop-rock orchestral, des hymnes inoffensifs à la Vampire Weekend et de l’électro-pop. Bref, une gibelotte sonore manquant un peu de piquant…

La semaine dernière, la formation lançait non pas un, mais deux albums simultanément, mettant en vedette les deux facettes distinctives d’Islands. En premier lieu, on vous propose une critique du premier volet, titré Taste, représentant le profil en toc du groupe… pas notre préféré bien entendu, mais soyez sans crainte, on fera preuve d’une certaine objectivité!

D’entrée de jeu, on salue la proposition de la bande à Thorburn d’y aller de deux entités créatives distinctes plutôt que d’un seul ramassis à la direction musicale incohérente. Une excellente idée. Les fervents d’électro-pop 80 apprécieront ce Taste. Islands ponctue ses chansons de subtiles guitares rock qui durcissent quelque peu le son d’ensemble. Les mélodies sont bien ficelées (Thorburn est un bon mélodiste) et mixées à l’avant-plan comme il se doit.

Pas de doute, c’est accrocheur, bien joué, bien réalisé et pas totalement dénué d’intérêt. Cependant, à l’écoute de ce Taste, une question a émergé dans notre esprit: «Qu’est-ce qu’Islands a réellement de nouveau à nous raconter?» Pas grand-chose, à vrai dire, et c’est là que le bât blesse. On écoute Islands comme on fait notre jogging, machinalement, quatre fois par semaine, dans le parc Lafontaine. C’est agréable, mais c’est aussi une obligation. Si ce n’était pas de notre position privilégiée de rédacteur en chef du Canal Auditif, on n’aurait même pas porté attention à cette double sortie d’Islands. Puisque la vie n’est pas qu’une éternelle célébration épicurienne, on a dû se soumettre à cette obligation.

Islands demeure donc bien campé dans sa zone de confort et ne semble pas vouloir modifier sa recette… et c’est bien dommage, ce manque d’audace tue le plaisir d’écouter Thorburn. Cela dit, ce n’est pas complètement exécrable. Quelques pièces valent la peine. La cadencée It’s Heaven, la prenante et mélancolique Outspoken Dirtbiker et la quasi new-wave The Joke font partie des moments appréciés par votre scribouilleur. Honnêtement, les adeptes d’Islands sauront apprécier ce nouveau chapitre, mais en ce qui nous concerne, c’est du pareil au même.

Ma note: 5/10

Islands
Taste
Manque Music
43 minutes