Critiques

Hospitality

Trouble

  • Merge Records
  • 2014
  • 39 minutes
7,5

trouble-lpTrouble est le deuxième album du groupe de Brooklyn, Hospitality. Porte-couleur de l’écurie Merge Records, le quatuor offre avec ce dernier gravé un joli collage de sensibilité pop et d’inspiration jazzée.

Avec à l’avant-plan la charmante voix d’Amber Papini, Hospitality dévoile sur ce disque une intéressante profondeur, qu’on n’avait pas entendue sur le premier. Bref, ici, le groupe «pense en dehors de la boîte» et s’affranchit du son folk-rock-avec-du-glockenspiel-qui-sonnent-comme-une-matinée-passée-avec-Zooey-Deschanel-à-boire-des-mimosas, si typiques des combos dont le leader est une charismatique chanteuse.

Sans être sombre, Trouble est gris, sans jamais être terne, ce que son prédécesseur, l’album homonyme de 2012, était loin d’annoncer avec ses chansons claires et candides. Sur ce nouvel effort, on y ralentit le tempo sur quelques pièces, on ajoute un enrobage machiné subtil et on laisse la voix de Papini envelopper l’espace qui reste. Bravo, c’est magnifique.

Et réglons d’emblée la question des machines. Elles sont utilisées avec parcimonie sur Trouble et seulement pour nourrir le propos ou bonifier l’ambiance d’une composition. Elles sont un moyen et non un choix éditorial ici. C’est pourquoi sur les douces Sullivan et It’s Not Serious, on ne les entend pas. Ces titres ont d’ailleurs davantage de parenté avec les accents jazzés des Cowboy Junkies qu’avec la pop électrifiée au moog.

Du côté de Last Words, avec son introduction qui évoque I Will Possess Your Heart de Death Cab For Cutie, Inauguration et Rockets And Jets, on entre avec Papini dans de blanches ombres qui rendent ce Trouble si intéressant. Ces moments rythment Trouble et témoignent d’une vraie démarche de style, ce qui manque parfois aux groupes du genre qui étalent plutôt leurs influences sur disque comme le ferait une jeune ingénue avec sa collection de robes à Osheaga. Nul doute à avoir quand on entend la déchirante Call Me After qui clôt l’épisode.

Mais amateurs de lumière et de chansons de soleil, vous ne serez pas en reste sur Trouble. Les trois premiers titres, mais surtout I Miss Your Bones, sont autant de clins d’œil à l’indé féminin que de jolis tubes magnifiquement ficelés. Et que dire de la sitedemo.cauction aussi subtile que délicate.

Et c’est ce que j’aime d’Hospitality: être déporté dans un univers sonore connu et souvent convenu. Être charmé par l’approche et l’authenticité plus que par la hype, c’est un peu ça qui s’passe sur Trouble.

Ma note : 7,5/10

Hospitality
Trouble
Merge Records
39 minutes

hospitality.bandcamp.com

[youtube]https://www.youtube.com/watch?v=L2xGPzD25SM[/youtube]