Critiques

Horsegirl

Versions of Modern Performance

  • Matador Records
  • 2022
  • 34 minutes
8
Le meilleur de lca

Parmi les groupes qui fricotent avec le grunge, Horsegirl se démarque du lot. Le trio tout féminin formé de Nora Cheng, Penelope Lowenstein et Gigi Reece aime particulièrement le bruit. Sans noyer tout ce qu’elles font dans une marée de sons, elles trouvent toujours le moyen de nous garder en haleine. Ce sentiment que tout peut déraper à tout moment est particulièrement plaisant pour les oreilles. Il n’y a aucune occasion de paresser au cours des 34 minutes de ce premier album : Versions of Modern Performance.

Les quatre premiers simples parus nous indiquaient qu’on s’en allait dans la bonne direction. Anti-Glory et sa rondeur doublée de la voix jeune de Nora Cheng et celle de Penelope Lowenstein en appui frappent dans le mile. Il faut rappeler que les trois femmes sont encore très jeunes. En fait, Reece et Cheng sont au College (l’équivalent du Cégep) et Lowenstein finit son secondaire. Oui, oui, vous avez bien lu. C’est compliqué pour elles de se commander une bière dans ces bars qu’elles vont bientôt écumer avec leurs chansons fort convaincantes.

World of Pots and Pans est un autre moment de l’album qui flatte les oreilles dans le sens du poil. C’est particulièrement la basse et les guitares qui prennent toute la place. Billy, parmi les moments les plus grunge de l’album, clôt à merveille l’album avec son enchaînement d’accords efficaces sur lequel les voix se font encore une fois plutôt vaporeuses. Le sens de la mélodie des deux chanteuses est encore une fois à l’œuvre et leur dynamique efficace brille de tous ses feux.

Live and Ski montre un côté un peu plus dépouillé de Horsegirl. On y entend même quelques influences post-punk. Une tendance qui se retrouve aussi sur l’excellente Option 8, pièce qui bénéficie d’un son plus complet, mais le ton des voix est franchement plus en retenue. Le groupe est particulièrement polyvalent et le montre avec The Fall of Horsegirl qui est une chanson plus audacieuse avec des moments qui sont presque expérimentaux.

C’est un premier album très convaincant pour la formation Horsegirl de Chicago. Ce n’est que le début, mais ces trois jeunes femmes sont déjà promises à un brillant avenir. Leur attention aux détails et aux nuances est déjà très développée et ça risque de se bonifier avec le temps. À se mettre dans les oreilles.