Critiques

Goodbye Karelle

Knuckle Breaker Maxxx

  • Simone Records
  • 2026
  • 32 minutes
6,5

Goodbye Karelle est le projet de Karelle Tremblay, aussi connu pour son travail à l’écran. En 2023, l’artiste avait lancé Hugh Greene & the Lucies Made Me. Creusant les questions de non-binarité et de l’identité de genre, elle continue à poser des réflexions par rapport à cette thématique et à jouer sur l’ambiguïté avec sa voix qui verse davantage dans le registre grave et qui a une qualité androgyne inaliénable.

Knuckle Breaker Maxxx est principalement un album de pop-rock, mais avec quelques moments d’aventure dans l’électro-rock et quelques emprunts au rap. C’est principalement le duo de Karelle Tremblay et de Zachary Beaudoin qui est derrière l’album. La paire a assumé la réalisation en plus d’être impliquée dans l’écriture et la composition : Tremblay aux textes et Beaudoin à la musique. À ceux-ci s’ajoutent ici et là des musiciens qui ont composé, notamment le pianiste Simon Boisseau qui signe trois compositions.

Quand Goodbye Karelle tend davantage vers un électro-rock qui tire vers les sonorités de la scène de rap-emo de la fin de la dernière décennie, ça donne généralement de bons résultats. C’est le cas sur Nice Run Bird, une pièce qui compte sur la contribution du rappeur Peypo qui vient s’insérer avec son rap qui tire sur le R&B en français en sandwich entre Goodbye Karelle, qui livre deux bonnes performances de ce qui s’apparente à un refrain. Même son de cloche du côté d’Oxyballad qui mise sur les filtres sur la voix de Goodbye Karelle. Un exercice de balade qui fonctionne bien.

D’ailleurs, la consommation et en général la dépendance, qu’elle soit aux substances ou aux gens est une thématique qui traverse l’album. C’est parfois bien traité sur certaines pièces et parfois très superficiel. C’est le cas de Funny People qui offre un texte faible :

I’m drunk again
I don’t know shit
Other than the shit I know
I’m here alone and on my down
Trying to fix the things I own
Always find me running late to you
Funny People

Si sa raison pour utiliser l’anglais, une langue moins genrée, est totalement logique étant donné comment iel s’identifie, ça paraît assez souvent à travers Knuckle Breaker Maxxx que c’est sa deuxième langue. Il n’y a pas de grande faute ou de moments aux tournures bizarres, mais il y a souvent peu de profondeur dans l’écriture. C’est très collé à des situations claires, mais peu complexes.

Il y a d’autres bons moments sur l’album, notamment la petite guitare doublée d’un drum machine et de synthétiseurs sur Come See for Yourself. Goodbye Karelle y glisse aussi une mélodie efficace et une interprétation bien sentie. Other Things est aussi intéressante, principalement construite avec la voix de Tremblay et le piano de Simon Boisseau.

C’est un deuxième album réussi pour Goodbye Karelle, qui continue de creuser le mélange des genres. C’est parfois très réussi, parfois ça tombe un peu à plat. Mais dans l’ensemble, cet album mérite vos oreilles. mérite vos oreilles.

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