Gabriel Desjardins
Solstices
- La maison fauve
- 2026
- 27 minutes
Peut-être que le nom Gabriel Desjardins ne vous dit rien. Peut-être que vous ne connaissez que son pseudonyme : La Controverse? Si cela ne vous sonne toujours pas de cloches, il s’agit d’un réalisateur et arrangeur parmi les plus en vue au cours des dernières années. Il a travaillé avec Hubert Lenoir, Philippe Brach, Lou-Adriane Cassidy et plusieurs autres. D’ailleurs, cette dernière et Alexandre Martel signent les textes des cinq pièces avec voix de Solstices. Pour le reste, Gabriel Desjardins nous propose un jazz orchestral coloré de rythme tiré du hip-hop.
Pitstop, la première pièce qui est parue de Solstices, donnait une idée de la direction que Gabriel Desjardins allait emprunter, mais ça ne présentait certainement pas l’éventail de sonorités auxquelles on pouvait s’attendre. Les cuivres chauds et le vibraphone donnaient quand même les premiers indices que ça allait être plus orchestral que le contraire. Suivant un rendu similaire, on retrouve la pièce Distance qui contient des sonorités mélancoliques. Les cordes lancinantes qui s’opposent à la batterie active offrent de très beaux moments. D’ailleurs, Desjardins joue avec ces différentes dynamiques à de nombreuses occasions sur Solstices.
Les pièces chantées sont généralement aussi dans un jazz feutré mélodieux avec un bon rythme. Que ce soit Alexandre Martel sur Hôtel été ou encore Lou-Adriane Cassidy sur Vendredi, les interprètes viennent se plonger dans des univers qui ne sont pas les leurs. Ça semble un terrain de jeu propice à miser sur leurs excellentes qualités d’interprète. Cassidy va même dans des zones qu’on lui connait moins et ça démontre sa grande polyvalence. Éléonore Dessureault, qui apparaît deux fois, tire bien son épingle du jeu. La jeune artiste qui commence son émergence vient de Saint-Gédéon, tout comme Desjardins. Elle resplendit à nouveau dans Qui de vous deux, qui évoque l’atmosphère sonore de Have Yourself a Merry Little Christmas de Sinatra, mais sans les références au contexte des Fêtes.
Par contre, la palme d’or de l’interprétation revient à Ariane Roy, qui chante à merveille la désillusion. Elle est tout simplement brillante sur Champagne rubis. À travers ses paroles qui tendent vers les rêves qu’on n’atteint pas, de ces fantasmes qu’on aurait peut-être aimé qu’ils se réalisent, mais qui étaient toujours impossibles. D’ailleurs, il y a quelque chose de la nostalgie de ce qui n’a jamais été à travers l’ensemble de Solstices.
Sur les pièces chantées, la musique n’est pas remise à l’arrière-scène. Au contraire, Gabriel Desjardins a créé des fresques idéales pour permettre à ses univers d’émerger de la plume de Lou-Adriane Cassidy et Alexandre Martel. Mention aussi aux pièces Solstices qui offrent des moments très satisfaisants pour les tympans et l’atypique Quasi azur qui est entièrement dédiée aux cordes.
C’est tout à fait réussi pour Gabriel Desjardins, qui lance un excellent record de jazz orchestral aux sonorités contemporaines. C’est le parfait album de réconfort pour les temps froids de l’hiver. À consommer sans modération.