Critiques

Gab Bouchard

Triste pareil

  • Grosse Boîte
  • 2020
  • 37 minutes
7

Paru un peu plus tôt cette année, le Triste pareil de Gab Bouchard méritait vraiment une critique. Le premier album de l’auteur-compositeur-interprète originaire du Lac-Saint-Jean est un bien bel exercice d’emo-folk. Bouchard reprend les thématiques et la mélancolie de l’emo-rock des années 90 qu’il mélange avec le folk-country bien québécois. Le résultat est un bien bel album de 10 chansons en 37 minutes qui explorent tous les recoins d’une peine d’amour.

Pour comprendre le personnage de Gab Bouchard, il faut aussi comprendre sa grande sensibilité. En entrevue avec Josée Lapointe de La Presse, il a dit :  « J’étais un grand sportif et j’étais bon dans tout. À 10, 11 ans, je me suis rendu compte que ne j’allais jamais jouer pour le Canadien. J’ai beaucoup pleuré. » Triste pareil est dédié à une peine d’amour, mais aussi à une relation qui aura été un peu comme une très longue peine d’amour. Ça n’a pas dû être facile pour le Jeannois, mais ça nous donne aussi de très belles compositions.

« C’est skinny love dedans mon coeur à soir
J’t’en prie Lili dit moi qu’on va s’revoir
J’mennuie d’toi »

– Y’est passé où l’soleil ?

La force de Bouchard réside dans les excellentes mélodies vocales. Le jeune homme a compris comment livrer de la mélancolie sans tomber dans une litanie incessante. Même s’il se plaint, il n’est jamais plaignard. Même s’il est déprimé, il n’est jamais apathique. C’est une belle réussite. On peut l’entendre sur L’hiver se meurt et La vie c’t’une peine d’amour. Il fait la démonstration concrète qu’il est possible de composer des pièces entraînantes qui plongent dans la noirceur. Tu m’connais trop bien est un excellent exemple : hyper efficace au niveau de la mélodie et entraînante, la pièce est tout de même encore une fois plongée dans un thème noir.

« J’ai pensé avoir l’air fort
Faire comme si nous deux c’était rien
Si tu m’voyais brailler au bar
Tu comprendrais que j’vais pas bien

J’ai voulu mourir, mais j’ai pas le droit
Tu m’connais trop bien
Nous deux c’tait pas rien
Tu m’connais trop bien
Nous deux c’tait pas rien »

– Tu m’connais trop bien

L’autre chose qui est frappante sur Triste pareil est la qualité des arrangements qui sont signés par Bouchard et Olivier Langevin (Galaxie, Gros Mené) qui a aussi réalisé l’album. La paire travaille bien ensemble et nous rappelle que la gang du lac Saint-Jean se tient ensemble et c’est bien tant mieux! On retrouve même le nom de Fred Fortin ici et là. Le travail en studio nous offre de belles pépites comme Une valse pour toi avec ses atmosphères lourdes et enveloppantes ainsi que ses guitares électriques qui pleurent.

On souhaite que le soleil reprenne place dans le cœur de Gab Bouchard. En attendant, ça nous fait tout de même un bel assemblage de chansons qui émeuvent et nous emporte avec ses mélodies efficaces. Un jeune auteur-compositeur-interprète à surveiller!