Aller au contenu

Critiques

Fyore

Fyore

  • Indépendant
  • 2026
  • 37 minutes
7

Élodie Kpanté, alias Fyore, a déjà fait un bon bout de chemin avant d’arriver avec ce premier album qui affirme sa voix dans la scène culturelle. D’abord, elle a accompagné d’autres artistes sur scène, notamment Le Belladone. En 2024, elle faisait paraître l’EP DZIDZI qui commençait à creuser son métissage musical qu’elle propose aujourd’hui. Puis, elle a participé aux Francouvertes plus tôt cette année, allant jusqu’en finale.

J’ai choisi mon nom
La lame qui me fend le dos

J’ai choisi mes dents
La chair qui subit mes crocs
J’ai choisi ma peau
La mélanine sur le dos

Quand je suis blessée
Je suis la cause de mes maux
— Fyore

Au cœur du projet Fyore, il y a des questions sur l’identité et sur l’appartenance. La chanson-titre de l’album, qui porte aussi le nom d’artiste de Kpanté, est une affirmation de ce qu’elle est, ou à tout le moins, ce qu’elle souhaite incarner publiquement. Musicalement, la pièce mélange les influences d’afrobeat, d’électro-pop et d’IDM. Ça donne le ton pour le projet qui abordera le métissage sous toutes ses coutures.

Ayant grand à Gatineau, mais ayant un père togolais, elle exprime une certaine langueur pour un pays qui reste fantasmée, puisqu’elle ne l’a pas visité encore, sur Bassar. Au passage, elle y exprime des sentiments de déchirement entre plusieurs endroits : est-elle québécoise, togolaise, tout ça à la fois? Loin des réponses, Fyore pose plutôt des questions. Ce n’est pas la seule fois que le Togo s’invite sur ce premier album, puisque la pièce Écoutes invite Komēdza, qui est togolais et qui a participé aux mêmes Francouvertes que Fyore.

Sur ce premier album, on retrouve une proposition intéressante qui mélange les genres musicaux avec une approche résolument québécoise. Parmi les bons coups, on retrouve la sensuelle Jenny, la rythmée Qui ça? ou encore la pop expérimentale de Agnosthesia. Même si les influences musicales sont multiples, Fyore trouve toujours le moyen de rendre le tout cohérent à travers son travail de composition dans lequel, elle compte sur l’apport important de Cedrick Heynemand.

Tout n’est pas parfait sur ce premier album. Il y a des moments un peu moins réussis. C’est le cas sur Autoportrait, qui compte sur un texte intéressant et une musique qui n’est pas horrible. Par contre, la mélodie vocale est quelconque. Echo, une collaboration avec Raccoon, l’excellent rappeur. Par contre, la pièce ne mise pas sur son excellent flow et les interventions chantées de Fyore sont perdues dans le son. Ça donne un rendu plutôt ordinaire. Comme si l’idée de base était bonne, mais le résultat, pas très convaincant. La collaboration avec Fraud Perry est aussi correcte sans plus. Fraud Perry est une très bonne rappeuse, mais sa participation ici est un peu plaquée.

Malgré ces quelques écueils, c’est un bon premier album que propose Fyore qui arrive avec des mélanges de sonorités intéressants et des textes bien écrits qui abordent des thématiques peu communes avec intelligence et justesse. Ça vaut entièrement le détour.

Inscription à l’infolettre

Ne manquez pas les dernières nouvelles!

Abonnez-vous à l’infolettre du Canal Auditif pour tout savoir de l’actualité musicale, découvrir vos nouveaux albums préférés et revivre les concerts de la veille.

Faire défiler vers le haut

Bloqueur de publicité détecté!

On a remarqué que vous utilisez un bloqueur de publicité. La publicité est un revenu important pour un média indépendant comme nous et nous permet de vous offrir du contenu gratuit de qualité. Est-ce que vous pouvez le désactiver? Ce serait bien apprécié!

- Merci, l'équipe du Canal Auditif