Critiques

Flore Laurentienne

Volume 1

  • Costume Records
  • 2019
  • 36 minutes
9
Le meilleur de lca

Flore Laurentienne n’est pas ce traité écrit par le frère Marie-Victorin qui est sans doute l’oeuvre de sa vie. Non. Mais il ne s’en détache pas non plus. Parce que dans ce Volume 1, le Québécois, les habitants de ce territoire y reverront peut-être les forêts d’épinettes qui s’étendent à perte de vue ou encore le coucher de soleil sur le Golfe ou simplement la sensation de la brise qui nous frôle les mollets quand on se promène sur la grève quelque part dans le Bas-Saint-Laurent.

Flore Laurentienne est le projet de Mathieu David-Gagnon qu’on a déjà entendu sur les albums de Klô Pelgag, au sein du projet Glenda Gould ou encore sur les albums de Guillaume Arsenault. C’est déjà un arrangeur célébré pour ses bons coups sur chacun des albums auxquels il a participé. Mais voici que Mathieu David-Gagnon se lance dans son propre projet.

Flore Laurentienne est un projet aussi génial qu’ambitieux. Mariant son amour des synthétiseurs à celui des cordes, il propose une imposante création qui nous souffle dès les premières notes de la tonitruante Fleuve No.1. Ça part avec une puissance affirmée, des envolées contagieuses et un délai de plus en plus présent qui amène une bonne dose d’effet d’étrangeté à la pièce.

Et pourtant ces premières couleurs qu’il affiche ne sont pas celles de l’ensemble. Parce qu’ensuite, Petit piano nous arrive avec des sons de cordes pincées et des synthétiseurs aux sonorités d’orgue. Un sentiment de nostalgie et de temps qui passe se dégage de la pièce jusqu’à ce que les cordes s’emballent et nous emportent avec elles. Les cordes sont très présentes aussi sur Fugue, qui aborde le domaine de prédilection de Mathieu David-Gagnon. Ici, il est près de tirer des larmes des yeux avec la touchante progression.

Les synthétiseurs occupent aussi beaucoup de place. On en trouve de toutes les sortes et de toutes les sonorités. On a affaire ici à un geek de synthés qui nous démontre habilement pourquoi il aime chacun d’entre eux à sa façon. Que ce soit avec la mélodieuse et syncopée 1991 ou encore avec la colorée Route, ça fonctionne très bien.

C’est difficile à expliquer ce qui vient autant réveiller les souvenirs de grands espaces dans l’œuvre de Mathieu David-Gagnon, mais ça le fait. Flore Laurentienne est une magnifique œuvre qui de prime abord pourrait sembler difficile d’accès, mais qui rapidement trouve le moyen de parler à l’auditeur avec quelques bonnes mélodies et de surprenants soubresauts musicaux.

La bonne nouvelle, c’est qu’un Volume 1 veut généralement dire qu’il sera suivi d’un autre volume.

1 commentaire

  1. France Paré, le 2019-11-22 à 16:29

    c’est très beau Mathieu! Les sonorités sont enlevantes! Bravos

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