Critiques

Fishbach

À ta merci

  • Entreprise
  • 2017
  • 43 minutes
8,5
Le meilleur de lca

Le nouvel album de Fishbach était un secret de Polichinelle au Québec. Même si publiquement personne n’en parlait, bien des gens avaient réussi d’une façon ou d’une autre dans la dernière année. Après, tout attendre un an pour un album qui reçoit des fleurs de la presse française… c’est long! Et pour être bien franc, j’ai l’album sur mon téléphone depuis les FrancoFolies en 2017 lorsque j’ai rencontré Flora Fishbach pour une entrevue. Depuis, en plus d’être célébré un peu partout, Fishbach a aussi collectionné une nomination de révélation de l’année aux Victoires. Mais d’abord, est-ce que c’est vraiment aussi bon que la rumeur le laisse présager?

OUI! À ta merci fait découvrir une artiste sensible à la plume aiguisée et intelligente doublée d’un sens de mélodie aussi atypique qu’efficace. Entourée de Xavier Thierry et Antoine Gaillet, elle a trouvé le moyen de graver sur disque ces mélodies qui la hantaient et c’est pour le plus grand plaisir de nos tympans. À ta merci est un album incontournable dans la nouvelle vague d’artistes français qui se réapproprient la pop chantée dans la langue de Molière. Après un passage à vide pendant les années 2000, un vent de renouveau souffle sur la pop-rock française et c’est bien tant mieux.

Déjà Un autre que moi et Y crois-tu étaient paru sur l’EP Un autre que moi lancé en mai 2017 au Canada pour faire patienter les mélomanes jusqu’à la sortie officielle d’À ta merci. La première des deux est un hymne pop franchement efficace qui compte sur des riffs intoxicants et un refrain tout aussi convaincant. Fishbach y démontre son habileté à créer des mélodies pop puissante. Mortel montre un autre côté de la jeune femme. Plus vaporeuse et mélancolique, la chanson coule rondement même à travers la montée d’intensité qui prend Fishbach.

Les fictions que crée Fishbach sont très intéressantes, voire souvent fantasques.

On me nomme la mort
On me dit tu
On m’imagine à tort
On me nomme la mort
On me dit tue
On me dispute encore

– On me dit tu

Ce jeu double sur l’étiquette et l’action est un bel exemple des images qu’elle est capable de dessiner de façon nette et précise. Il faut dire que ces paroles intéressantes, elle les livre avec une certaine théâtralité, s’amusant à travers son registre. Sa voix qui voisine le rauque s’amuse à travers un registre assez large et franchement intéressant. Ça donne une couleur unique au chant de Fishbach.

À ta merci est un premier album fort réussi pour Flora Fishbach qu’il est enfin possible d’apprécier des deux côtés de l’Atlantique. Ses textes habiles et ses compositions originales se marient à merveille pour donner un univers aussi unique que riche.

 

 

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