Critiques

Filligar

Hexagon

  • Decade Records
  • 2013
  • 58 minutes
7

filligar-hexagonLe 23 juillet dernier, le quartet rock originaire de Chicago, nommé Filligar catapultait dans les bacs son sixième album studio titré Hexagon. Formé en 2000 par les frangins Johnny, Teddy et Pete Mathias (accompagnés par leur bon ami d’enfance Casey Gibson) Filligar élabore un rock classique s’inspirant de formations aussi variées que Wilco, Radiohead, The Band, The Rolling Stones et Pink Floyd. Le précédent effort, The Nerve, paru en 2010, avait été sélectionné dans la catégorie «Best Rock Album» des Independent Music Awards. De plus, le groupe possède une réputation plus qu’enviable quant à ses prestations scéniques.

… Et ça s’entend sur disque! Sur Hexagon, le groupe puise spécialement son inspiration chez la bande à Jeff Tweedy (époque Being There), mélangeant habilement divers ingrédients musicaux éprouvés : refrains fédérateurs, piano typiquement honky-tonk, orgues et guitares salopées aux sonorités vintage. Somme toute, un rock qui paraîtra assez conventionnel pour le mélomane aventureux. Sauf que Filligar exécute sa musique avec une intensité non feinte et une authenticité qui ferait rougir quelques formations faussement audacieuses.

Hexagon est une création anti-hipster par excellence qui sera forcément boudée par la plupart des mélomanes fines bouches, car Filligar ne détient aucun capital de «coolitude» sonore dans sa manche. Ce disque est une heureuse combinaison de southern rock, de country rock et de pop-rock avec un minuscule penchant hypnotique à la Radiohead/Pink Floyd et la principale force de ce disque (en plus des mélodies captivantes et de l’énergie déployée par le groupe) réside dans ces pianos, orgues et claviers qui accroissent naturellement l’impact des chansons présentées.

Cette sitedemo.cauction pourrait bien être le véritable coup d’envoi pour Filligar, car ce Hexagon possède tout ce qu’il faut pour ravir le fanatique de rock simple, mais bien conçu. Voilà un groupe victime d’une injustice flagrante. En effet, Filligar mériterait hors de tout doute une reconnaissance médiatique et commerciale supérieure. Une panoplie de groupes rock n’arrivent pas aux chevilles de ces musiciens (techniquement et créativement parlant) et obtiennent quand même un important succès. Bien entendu, nous éviterons de divulguer des noms…

Du rock commode et infrangible, en voulez-vous? Que ce soit le rythme métronomique qui pulse New Local, la pop stonienne Knock Yourself Out, le rock bluesy/garage Lock And Key, la très Wilco (remémorant Kidsmoke sur A Ghost Is Born) intitulée Money On The Dark Horse, le Fender Rhodes et l’orgue propulsant Digging For Water dans le firmament et la southern rock Great Big Heavy, vous aurez dans vos oreilles des morceaux rock d’une fiabilité absolue. Très peu de réserves concernant ce Hexagon!

Adeptes d’avant-gardisme coûte que coûte, vous allez vous ennuyer à l’écoute de cette offrande. Par contre, cette création est destinée aux mélomanes avides de rock millésimé, interprété par un jeune groupe en parfaite maîtrise de ses moyens. Filligar est indéniablement à surveiller. Un groupe de rock qui ne se prend pas la tête… comme il s’en fait de moins en moins!

Ma note : 7/10

Filligar
Hexagon
Decade Records
58 minutes

filligar.com

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