Édouard Tremblay-Grenier
François Roberge
- Spectra Musique
- 2026
- 48 minutes
Sacré Espoir 2026 au dernier GAMIQ, Édouard Tremblay-Grenier arrive avec son premier album en carrière : François Roberge. Si c’est le début, il ne sort pas de nulle part. Ses parents sont deux artistes en vue : Daniel Grenier et Mara Tremblay. De plus, il a accompagné Gab Bouchard et Valery Vaughn sur scène. Ça, c’est avant de se lancer dans sa carrière solo. Et même là, il a eu l’opportunité de faire les premières parties de Pierre Lapointe, ce qui n’est pas un mauvais test. Bref, il nage dans le milieu culturel depuis longtemps et là il fait le plongeon.
Trêve d’allégories aquatiques, on devine au message d’ouverture que l’album n’est pas en hommage au PDG de La Vie en Rose. Le message qui clôt le tout le confirme. Il y a une volonté que cet album soit un récit des amours et tribulations de jeunesse, une chose qui est assez universelle. On peut dire que cet objectif est atteint puisqu’il dispense un pop-rock qui s’inspire autant de Daniel Bélanger que de Beatles.
Parmi les meilleurs coups d’Édouard Tremblay-Grenier, on retrouve Ari, une pièce où il implore de ne pas se faire laisser par un amour. Le tout sur un fond de rock qui groove et qui mise sur une bonne mélodie vocale. D’ailleurs, c’est une des forces du jeune artiste : les mélodies vocales. On s’ennuie pas sur François Roberge parce que les verres d’oreilles s’enchaînent. On le retrouve parfois haut perché sur Ne me fais pas mal tout comme on s’abandonne à l’entraînement sympathique sur Fan de toi.
Dans la douceur de la brume je recommence à m’aimer
Si je maintiens mon soupir je m’empêche de pourrir
— Papier sablé
Il y a des influences du rock classique sur François Roberge. Pluie de juin rappel le rock du début des années 80 alors qu’on jurerait entendre un bout de While My Guitar Gently Weeps dans On ne regardera pas le temps. Même ton de guitare, même attaque de basse au son gras. C’est court, mais immanquable. Le côté rock classique n’est pas surprenant quand on sait que Jean-Sébastien Chouinard et Pierre Fortin ont coréalisé le disque. Parmi les autres bons moments du côté rock, on retrouve Papier sablé qui, en plus d’un texte solide, offre de beaux moments musicaux.
Au niveau des textes, on voit aussi que Tremblay-Grenier a travaillé sa plume. Sans être dans la poésie grandiloquente, il soigne son lexique et crée des images claires pour transmettre ses émotions. Il y a quand même rarement de long texte sur François Roberge. Édouard Tremblay-Grenier mise davantage sur la répétition.
Un bon premier record de pop-rock efficace. Voilà ce qu’Édouard Tremblay-Grenier propose sur François Roberge. C’est bien composé, bien écrit, et même si on sent qu’il n’atteint pas encore son plein potentiel, on ne peut que saluer ce premier album.