Critiques

Dope.gng

Drogue Maison

  • Mandragore
  • 2020
  • 38 minutes
7,5

Depuis l’année dernière, le duo Dope.Gng semble avoir le vent dans les voiles : sortie de leur album Fiend, présence dans plusieurs palmarès, participation aux Francouvertes, couverture de la liste de lecture Rap Québ sur Spotify et j’en passe. Après avoir lancé pas moins de quatre simples en 2020, les gars lancent finalement leur deuxième album, Drogue Maison. C’est sans aucun doute le plus maîtrisé et diversifié de leur catalogue.

Le thème central de l’oeuvre générale du groupe est la consommation de drogue et cet album en est l’exemple parfait. Dans Drogue maison, on vit un gros trip de drogue,  et ce autant dans les highs que les lows. Ça débute avec un trop-plein d’énergie pour ensuite tomber dans un état moins plaisant de nostalgie ou de badtrip, pour simplement revenir et terminer en grande forme.

L’album commence donc en force avec cinq gros bangers : Drogue maison, Floating, Pas assez, Bleu Poud et Harakiri. Coup de coeur pour la dernière pièce mentionnée. La lourde basse du producteur mammouth (Novengitum) mélangé avec le contraste des voix douces et graves sur les couplets versus les ad-libs criées de manière très aiguë nous offre l’une des pièces les plus intenses du projet. 

L’album prend par la suite une tournure plus décontractée avec les pièces Flowers et T.Y.E. Même si c’est le côté violent et trash que je recherche quand j’écoute du Dope.Gng, il faut avouer que les gars maîtrisent tous les styles. T.Y.E. est l’une des pièces puissantes de l’album où l’on plonge dans la mélancolie absolue. On peut même entendre des violons vers la fin de la pièce, ce qui n’est pas étonnant quand on connaît le bagage musical des deux rappeurs. Après ces deux pièces plutôt tranquilles, le duo revient avec trois grosses pièces : Duke Nukem, Soleil et Icarus. Le tout se conclut dans l’incertitude avec les chansons Toujours triste et Never Sad.On peut affirmer facilement que l’album nous amène dans les montagnes russes d’émotions vécues par nos deux protagonistes.

Malgré l’absence de super vedettes à la production, Dope.Gng n’ont rien à envier aux autres rappeurs du Québec pour la qualité de leurs beats. Que ce soit un instrumental trap, trippy, smooth ou même old school, c’est de la qualité à chaque fois. Parmi les sept producteurs différents sur l’album, qui font d’ailleurs tous du bon travail, mammouth (Harakiri, Soleil, Drogue chalet), Daysiz (Floating, Pas assez, Bleu Poud, T.Y.E.) et Jehblu (Flowers, Duke Nukem) sortent du lot. Deux collaborations viennent s’ajouter au projet l’une à la suite de l’autre : le collectif LaF sur l’excellente pièce Soleil et le rappeur/producteur anglophone Jei Bandit sur Icarus.

L’écriture de Yabock et Zilla n’est pas la plus recherchée, mais elle est efficace. On est plus dans le brag et le swag que dans les textes engagés remplis de messages. Mélangeant français et anglais de main de maître, les gars démontrent merveilleusement bien la réalité de la vie nocturne montréalaise sous influences :

“J’veux juste sip, pop pills

Get fucked up for the weekend

Wake up then we re-up

Just to start over again”

– Floating

Maintenant que les spectacles avec 250 personnes sont permis, on espère revoir Dope.Gng sur scène dans les plus brefs délais, car c’est là qu’ils sont au sommet de leur art. Pendant ce temps, on peut se permettre de casser notre cou sur le très bon album qu’est Drogue maison.

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