Critiques

Drake

Certified Lover Boy

  • OVO Sound / Republic Records
  • 2021
  • 86 minutes
6

Une sortie d’album de Drake est toujours un événement en soi. Il faut dire que le Torontois est l’artiste le plus écouté avec 150 chansons qui ont franchi le cap des 100 millions d’écoutes! On attendait Certified Lover Boy depuis un bon bout. L’album avait d’abord été annoncé en août dernier avec une sortie prévue en début d’hiver. Finalement, celui-ci aura pris quelques mois de plus à nous parvenir.

Sur Certified Lover Boy on retrouve Drake qui fait du Drake. C’est un album avec peu de surprises, mais qui dispense les chansons avec de bonnes mélodies à mi-chemin entre le rap et la pop avec une régularité efficace. On ne retrouve pas de coups de génie sur l’album tout comme on n’y retrouve pas non plus de pièces faibles. C’est exactement ce qu’on attend de Drake et c’est peut-être pour cette raison que c’est un album qui laisse sur sa faim.

On y voit Drake rapper sur des sujets qui jadis étaient délicats sans rougir, dont son fils né d’une relation passagère. Il le fait dès Champagne Poetry qui ouvre l’album. Grosso modo, les thèmes paroliers de l’album tournent autour de son fils, le fait d’être un « lover » et de tous ces rappeurs qui veulent se prouver meilleurs que lui. Autrement dit, on est dans les mêmes sujets que ses deux albums précédents. Ce n’est pas très très original. Ceci étant dit, Drake a toujours l’étincelle pour livrer le tout avec conviction. On n’a pas l’impression non plus d’être devant un has-been qui tente par tous les moyens de rester accroché à un personnage. Il s’amuse même avec le concept sur You Only Leave Twice alors qu’il est accompagné de Lil Wayne et Rick Ross.

D’ailleurs, les collaborations sont nombreuses sur Certified Lover Boy. On y retrouve Jay-Z, Travis Scott, Future, Young Thug, Kid Cudi et plusieurs autres gros noms du rap américain. L’une des plus réussis, même si le texte est un peu douteux, est Way 2 Sexy où Young Thug et Future montrent de quel bois ils se chauffent. Les textes douteux sont aussi présents sur l’album. Drake et Lil Baby se lance dans un genre de drôle de rap qui s’intitule Girls Want Girls. Mine de rien, Drake rappe quand même : « Starin’ at your dress ’cause it’s see-through / Yeah, talkin’ all the shit that you done been through / Yeah, say that you a lesbian, girl, me too ». Bel essai Drake, je suis pas mal sûr que tu n’es pas une lesbienne. Ce qui chicote, c’est qu’on y retrouve encore du fétichisme masculin de lesbienne. Ça fait ado de 16 ans.

Il y a aussi de bons moments qui frappent dans le mille comme le rap engagé de 7am On Bridle Path ou celui de No Friends in the Industry. Cependant, sur cette dernière, ce qui fait de la pièce un morceau intéressant, c’est aussi la composition de la trame qui revient à Vinylz, OZ et Nik D.

Autrement dit, Certified Lover Boy est un album correct de Drake qui ne représente pas un pas vers l’avant pour le Canadien, mais qui ne fait pas de grands faux pas. Certains fans du rappeur vont s’en contenter, mais les amateurs plus exigeants en rap risquent de trouver que c’est du réchauffé.

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