Critiques

Dr. Dog

B Room

  • Anti- Records
  • 2013
  • 44 minutes
7

dr-dog-b-roomDifficile de déterminer avec exactitude s’il s’agit du 7e ou 8e album pour Dr. Dog, alors que les sites spécialisés – de même que celui du groupe – ne semblent pas connaître le compte exact de la discographie du band de Philadelphie. Bon, alors disons simplement que B Room, constitue leur premier album enregistré dans leur nouveau studio construit spécialement pour l’occasion (d’où le titre de l’opus).

Ce nouvel environnement physique et sonore a permis au guitariste et chanteur Scott McMicken, au bassiste (et lui aussi chanteur) Toby Leaman, à l’autre guitariste Frank McElroy, au claviériste Zach Miller, au batteur Eric Slick et au touche-à-tout Dimitri Manos d’expérimenter l’enregistrement «live». Ainsi, enfermés dans leur B Room tout neuf, ils y sont allés de séances musicales allant de la simple improvisation à l’orchestration structurée et bien planifiée.

Le résultat entendu est intéressant, du moins en grande partie. B Room propose en ouverture deux solides compositions, à savoir The Truth (batterie au rythme cardiaque lent, xylophone traçant la ligne à suivre, guitares saccadées et claviers en arrière-plan sonore, ambiance mélancolique rappelant une autre époque) et, surtout, Broken Heart, la deuxième pièce du disque, qu’il faudra assurément considérer dans notre palmarès des chansons de l’année 2013. Cette composition amalgame parfaitement une musique rock-pop entraînante (guitares puissantes, batterie omniprésente, changements de tempo efficaces) à une vocalise s’approchant de celle du hip-hop, le tout convergeant vers un refrain explosif, où tous les instruments sont au diapason. Parfaitement réussie.

Notons les autres compositions d’envergures que sont les Rock & Roll (un beau rappel de la musique proposée par le jeune Bob Dylan, où l’ajout d’une structure vocale moderne chatouille adéquatement l’oreille) et Nellie (influences R&B et folk familial sorti tout droit des années 60), deux pièces se retrouvant à la fin du disque.

Entre les chansons entendues en ouverture et fermeture de B Room, on aurait bien aimé que Dr. Dog revisite et arrose l’ensemble de ses compositions de ces styles musicaux entendus il y a une cinquantaine d’années. Malheureusement, le groupe emprunte plutôt un chemin musical plus classique et maintes fois entendu.

En milieu d’album, on se retrouve donc dans le registre des My Morning Jacket, The Shins, Clap Your Hands Say Yeah et autre groupe de cet acabit, mais avec une conviction beaucoup moins assurée. Dommage, le band de Philadelphie aurait eu intérêt à chercher à s’extraire de ce style et non pas à s’y coller. Son avenir passe, selon nous, par leur amour du passé de la musique américaine. C’est du moins là que Dr. Dog se distingue.

Ma note : 7/10

Dr. Dog
B Room
44 minutes
Anti Records

www.drdogmusic.com

[youtube]http://www.youtube.com/watch?v=ko-cpzA-hLs[/youtube]