Critiques

Depeche Mode

Delta Machine

  • Columbia Records
  • 2013
  • 56 minutes
6

Depeche-Mode-Delta-Machine-album-coverLes vieux routiers de l’électro-pop, Depeche Mode, effectuaient un retour sur disque après cinq années d’absence. En effet, les vétérans lançaient la semaine dernière leur treizième album studio intitulé Delta Machine; titre qui évoque le Delta blues (un des premiers types de blues créé dans l’état du Mississippi, près de la ville de Memphis) de même que les artifices électroniques qui ont invariablement constitué la facture sonore de Depeche Mode. Toujours le même assemblage constitué du torturé et charismatique chanteur David Gahan, du principal compositeur de la formation Martin L. Gore et du fidèle acolyte Andrew Fletcher, Depeche Mode y va d’un album qui allie blues, techno et synth-pop.

Et est-ce que cet amalgame sonore donne les résultats escomptés? A priori, Depeche Mode demeure fidèle au style qui lui a permis de rassembler le plus grand nombre. Des chansons aux structures simples, efficaces, concises, enfiévrées par des inflexions mélodiques captivantes et accrocheuses. Ce qui représente l’énorme force de cette création est sans aucun doute la performance vocale et l’interprétation sentie du chanteur David Gahan; une prestation de haut niveau!

Delta Machine est un disque de blues synthétique et futuriste, étonnamment dépouillé (compte tenu des dernières réalisations ampoulées du trio), d’une sobriété au niveau des arrangements (qui amplifie l’intensité de la prestation de David Gahan); une offrande qui ne réinvente rien, mais qui met en lumière l’importance de la formation dans l’histoire. Un opus mature destiné aux admirateurs de la première heure!

Est-ce que cette œuvre saura rallier les détracteurs de Depeche Mode? Rien n’est moins sûr, sauf que nous sommes forcés d’admettre que ce savant dosage de fragments de blues, de rock, de techno et d’électro-pop, se bonifie sérieusement au fil des écoutes. Delta Machine constitue une agréable surprise à nos oreilles et qui ne respire pas l’entreprise mercantile à plein nez. Depeche Mode est inspiré et ce Delta Machine ne sent pas le réchauffé. Un disque constant du début à la fin.

Plusieurs pièces ont retenu notre attention : la sombre et rageuse Angel, la soul et touchante Heaven, la cadencée Secret To The End, la sarcastique My Little Universe (qui fait penser à Radiohead, époque Kid A/Amnesiac), les blues électros Slow et Goodbye, la sobre The Child Inside, la très Depeche Mode Soft Touch/Raw Nerve, la captivante Alone, le refrain soul de Long Time Lie et la minimaliste Always. Cet opus aurait pu s’élever d’un cran, n’eut été des ces quelques écarts de conduite. En effet, les quelconques Broken, Welcome To My World, Should Be Higher et Happens All The Time font obstacle à une appréciation plus costaude de cet album.

Évidemment, ce dernier effort fourni par ces musiciens anglais ne se hissera assurément pas parmi notre palmarès des galettes prisées de 2013, mais ce Delta Machine est tout simplement un bon disque qui mérite qu’on s’y attarde et qui remet les pendules à l’heure, quant à l’importance que ces précurseurs ont eue par le passé. Ne serait-ce que pour l’excellent travail de David Gahan, ce Delta Machine vaut le détour!

Ma note : 6/10

Depeche Mode
Delta Machine
56 minutes
Columbia Records

www.depechemode.com

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