Critiques

David Marin

Le choix de l’embarras

  • Simone Records
  • 2013
  • 43 minutes
7,5

Il aura fallu six ans à David Marin pour reprendre le chemin du studio. Une longue pause? Non, plutôt un heureux détour. C’est qu’après son premier opus sorti en 2006 au titre d’À coté de la trac, l’auteur compositeur – et très bon musicien – a été entraîné dans l’aventure des Douze hommes rapaillés par son réalisateur d’alors, un certain Louis-Jean Cormier (Kakrwa).

Durant deux, trois ans, il y a côtoyé les textes de Gaston Miron, a joué avec les chums Yann Perreau, Gilles Bélanger, Martin Léon et autres Michel Faubert, a goûté à la sonorité karkwaienne de Cormier et François Lafontaine (le claviériste de la célèbre formation québécoise) et s’est forgé une expérience de scène aux côtés des Michel Rivard, Daniel Lavoie et Richard Séguin. Le 13e homme des 12, le gars dans l’ombre, c’était David Marin.

Fort de cette expérience, il nous arrive ces jours-ci avec Le choix de l’embarras, son deuxième disque solo, réalisé encore une fois par Louis-Jean Cormier et auquel s’est joint Pierre Fortin (les Dales Hawerchuk, les Fréres Cheminaud, Galaxie).

Résultat: un très bon disque folk touché par une note country subtile. Mais ce qui fait surtout vibrer l’oreille (est-ce seulement possible?), c’est cette assurance dans les textes de Marin. Pas de faux-fuyants. Pas de non-dits. Juste du direct, écrit à la plume souillée par les épreuves d’un gars devenu adulte et qui a choisi son chemin.

«T’as beau vouloir un pays depuis des générations/Répondre à la connerie par la bouche de tes canons/Mais t’es incapable de dire oui et de tenir un crayon en même temps/Rest area/T’es dans un rest area» (Rest area).

«Non mais c’est pas de notre sort/Si ça rebondit pas/C’est pas un rêve ou un cauchemar tant qu’on ne se réveille pas/Réveille/Amène-moi une lanterne ou rien qu’une chandelle/Rallume la lumière au bout du tunnel» (Le Tunnel).

Sachez que David Marin ne fait pas que dans la poésie engagée sur ce disque. Mais nous avons décidé de vous extraire ces deux petits exemples parce qu’ils sont plutôt rares les auteurs-compositeurs qui ne cachent pas leurs idéaux sociaux derrière un flou textural imaginatif. David Marin lui, punch un direct au cœur et à la tête. « Là où je m’en va/Je ne jouerai plus les cobayes/Juste les cowboys », annonce-t-il sur la pièce d’ouverture (Cobaye). C’est clair.

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