Critiques

David Bowie

The Next Day

  • Columbia Records
  • 2013
  • 51 minutes
6,5

David-Bowie-The-Next-Day1Mardi dernier, le mythique caméléon du rock, David Bowie, revenait en selle en mettant sur le marché son vingt-quatrième album studio titré The Next Day. Le vénérable rockeur, âgé de 66 ans, avait pris une semi-retraite, contrecoup de plusieurs problèmes de santé majeurs survenus depuis la parution de Reality en 2003. Réalisé par Tony Visconti, est-ce que le Thin White Duke, qui a engendré les métamorphoses d’un rock qu’il réinterprète cette fois-ci en vieux routier, est à la hauteur des expectatives?

À la surprise générale, David Bowie lance un The Next Day, qui bourdonne, qui tient la route et qui contient un remarquable ratio de chansons fructueuses. Une des rares créations dans laquelle Bowie joue son propre rôle tout en se montrant vulnérable et authentique, ce qui attribue à cet album une certaine dignité qui honore l’artiste. Effectivement, cette offrande ne réinvente rien, mais elle constitue une excellente rétrospective de ce qu’il a fait de meilleur au cours de sa glorieuse carrière.

Notre homme fait du neuf avec du vieux, malgré la réalisation un peu trop léchée et ampoulée prescrite par Tony Visconti. Sans être le summum de son illustre parcours, The Next Day fait partie des solides conceptions sonores du corpus chansonnier de David Bowie : une évocation émérite et modernisée de la foisonnante période berlinoise.

Des guitares résolument décapantes, des rythmes binaires martelés astucieusement, quelques salves bien senties de saxophone baryton et d’orgue Hammond, une exécution sans failles et surtout, cette voix reconnaissable à mille lieues. Bowie crée des mélodies inspirées et est accompagné par un groupe qui accentue la qualité des ritournelles offertes. Un disque étonnamment énergique, compte tenu du soporifique premier extrait Where Are We Now?; seule et unique incartade de cette création.

Ça démarre avec The Next Day, un « dance rock » fortifiant qui donne sérieusement le ton. S’enchainent Dirty Boys, The Stars (Are Out Tonight) et Love Is Lost; trois morceaux à haut indice d’octane… particulièrement la dernière mentionnée. Après l’inutile Where Are We Now?, survient la très captivante Valentine’s Day; une chanson pop imparable comme seul Bowie peut en concevoir! Apparaît la singulière If You Can See Me dans laquelle l’artiste élabore une mélodie brillante sur un rythme et des progressions d’accords inusités.

Retour à un pop-rock opérant avec I’d Rather Be High, Boss Of Me, Dancing Out In Space (on réalise d’où provient l’inspiration mélodique d’Arcade Fire) et How Does The Grass Grow?. L’album se conclut avec l’abrasive (You Will) Set The World On Fire, la très soul You Feel So Lonely You Could Die et la dégarnie et légèrement dissonante Heat. Voilà du pop-rock intelligemment dirigé par un créateur en pleine possession de ses moyens!

Sans blague, ne boudez pas votre plaisir, car voyez-vous, votre humble critique n’a jamais été le plus grand admirateur de l’œuvre de David Bowie; le petit penchant « tendance à la mode » de l’artiste a toujours provoqué un léger mouvement de recul. Qu’à cela ne tienne, la véridicité et l’altérabilité exprimée par Bowie, sur The Next Day, nous donnent l’impression d’être plus près de l’artiste et c’est cette proximité émotionnelle qui fait de cette parution une œuvre chaleureuse et vraie. Une agréable surprise!

Ma note : 6,5/10

David Bowie
The Next Day
Columbia Records
51 minutes

www.davidbowie.com

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