Critiques

Damaged Bug

Hubba Bubba

  • Castle Face Records
  • 2014
  • 36 minutes
6,5

Damaged-Bug-Hubba-Bubba-608x608L’hyperactif John Dwyer est de retour cette semaine avec une énième sitedemo.cauction. L’an dernier, le meneur de Thee Oh Sees nous avait balancés en pleine gueule un excellent et décapant Floating Coffin. Cette fois-ci, l’artiste âgé de 37 ans se révèle sous le pseudonyme de Damaged Bug et fait paraître une galette électro-rock minimaliste intitulé Hubba Bubba. Notre homme s’est enfermé dans son studio personnel et en est ressorti avec un assemblage de chansons alliant une panoplie de synthétiseurs, de boîtes à rythmes et autres appareillages artificiels fait main.

En plus de l’instrumentation mentionnée précédemment, Dwyer ajoute quelques pistes de voix trafiquées de même que quelques guitares doucement abrasives afin de conserver le penchant quelque peu «souillon», si caractéristique de l’œuvre du créateur rock. En réalité, à l’image du cockpit visible sur la pochette, le musicien nous invite dans son antre sonore avec tout ce que cela comporte de moments claustrophobes et inconfortables.

En même temps, Dwyer réussit à garder le cap en nous proposant quelques morceaux captivants telle que la groovy aux accents psychédéliques titrée 1-2 An Airplane, le refrain opérant dans Metal Hand, qui met l’accent sur les fameuses guitares salopées (marque de commerce du bonhomme) et c’est sans compter sur cette reprise quasi instrumentale de Teeange Wasteland des Who simplement nommée pour l’occasion Wasteland. Sur ce Hubba Bubba, l’esprit garage demeure totalement présent, entre autres, sur Sic Bay Surprise (animé par une mélodie tout droit sortie des sixties) ainsi que sur les bourdonnantes Photograph, Hot Swells et Rope Burn; trois pièces cannabisantes à souhait.

À la vitesse à laquelle le résident de San Francisco accumule les disques au compteur, il est bien évident qu’il ne peut toucher la cible à tous les coups. Ce Hubba Bubba n’est pas un grand disque, mais on ne peut reprocher à Dwyer d’être d’un conservatisme navrant, créativement parlant. L’effort y est, même si le résultat s’avère parfois inégal: les instrumentales/soporifiques SS Cassidinea et Claustrophobia ainsi que la pièce-titre Hubba Bubba font tout simplement office de remplissage.

Les fanatiques de Thee Oh Sees écouteront cette conception sonore avec un léger sourire en coin, puisqu’ils sont bien au fait des aventures et expérimentations sonores du meneur de la formation. Ce Hubba Bubba est un bel objet musical se situant à mi-chemin entre une esthétique garage rock et un krautrock un peu champ gauche… et c’est très bien ainsi! C’est ce credo créatif fluctuant et foisonnant qui fait de John Dwyer un musicien américain important et fort respecté. Distrayant et ludique!

Ma note : 6,5/10

Damaged Bug
Hubba Bubba
Castle Face Records
36 minutes

www.castlefacerecords.com/collections/damaged-bug

[youtube]http://www.youtube.com/watch?v=G16jwJLFe9c[/youtube]

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