Critiques

Styx

The Mission

  • Universal Music Group
  • 2017
  • 42 minutes
5

Styx fait partie de ces groupes que l’on aime détester… mais qu’on aime parfois en secret. Dans les années 70, la formation a sitedemo.cauit quelques disques potables, mais a ensuite sombré dans les excès de théâtralité qui en ont fait une sorte de caricature. Sur The Mission, le groupe propose un album-concept sur le thème d’un voyage habité sur Mars. Dire qu’on s’attendait à un désastre relève de l’euphémisme!

Il s’agit d’un premier disque de matériel original depuis 2003 pour la bande jadis menée par le chanteur Dennis DeYoung, qui a quitté le bateau en 1999, mais qui continue de cultiver la nostalgie en multipliant les tournées où il joue ses vieux tubes. Il a depuis été remplacé par le Canado-Écossais Lawrence Gowan, qui a connu son heure de gloire dans les années 80 avec le succès A Criminal Mind.

Mais le vrai leader de Styx est dorénavant le guitariste et chanteur Tommy Shaw, qui a quand même signé quelques-uns des grands succès du groupe, dont Crystal Ball, Boat on the River ou l’insupportable Too Much Time on My Hands. Il a toujours été associé au côté davantage rock FM de la formation, tandis que DeYoung prêchait en faveur d’une pop théâtrale, avec des concepts à la Kilroy Was Here, une sorte d’opéra rock lancé en 1983 et qui incluait l’inoubliable Mr. Roboto.

Il est donc ironique de voir Shaw arriver avec ce concept d’un album complet basé autour d’une mission sur la planète rouge, surtout que l’album contient assez peu de morceaux franchement rock et fait surtout la part belle aux ballades.

Ce qui frappe à l’écoute de The Mission, c’est à quel point le groupe tente de sonner « comme dans le temps ». Autrement dit, pendant que Shaw envoie les protagonistes de son histoire dans l’espace, il expédie ses collègues musiciens dans le passé avec un désir évident de renouer avec les beaux jours d’un disque comme The Grand Illusion, paru il y a 40 ans. Styx ne s’en est d’ailleurs aucunement caché, comme l’a expliqué Shaw au Billboard il y a quelques semaines : « Nous voulions nous assurer que l’album sonne comme le Styx avec lequel tout le monde a grandi. »

Ça s’entend dès les premières secondes du disque, avec des sonorités de synthés typiques des belles années du groupe américain. Il y a même en prime une voix robotique à la Mr. Roboto! Plus loin, la chanson Locomotive nous ramène à un titre comme Crystal Ball, avec ses arpèges de guitare acoustique en introduction. Tout ce qui manque, c’est une ballade sentimentale comme seul Dennis DeYoung peut en pondre, dans le style des Don’t Let It End ou Babe, quoique Gowan tente de s’en approcher sur The Greater Good, dans un registre plus dramatique.

Une telle description peut laisser penser que The Mission est un album à jeter à la poubelle… Pas nécessairement. En fait, quelques chansons sont tout à fait potables. Les épiques Radio Silence et Red Storm seraient même à ranger parmi les meilleurs crus du groupe, tout comme The Outpost, à peu près la seule pièce rock qui ressort du lot, les autres sonnant extrêmement génériques. L’opératique Khedive n’est pas mal non plus… si on arrive à passer par-dessus la ressemblance avec Queen.

Autrement dit, The Mission n’est pas le désastre annoncé. Sauf que ça reste du Styx, ce qui veut dire des envolées prog qui ont bien mal vieilli, des ballades racoleuses qui font sourire tellement elles sont convenues et des refrains rock FM à la Journey… Si vous aimez le genre, tant mieux. Mais sinon, passez votre chemin…

Ma note: 5/10

Styx
The Mission
Universal Music Canada
42 minutes

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