Critiques

Amber Coffman

City of No Reply

  • Columbia Records
  • 2017
  • 46 minutes
6,5

La séparation tumultueuse d’Amber Coffman et David Longstreth a fait couler beaucoup d’encre, particulièrement lors de la sortie de l’album homonyme de Dirty Projectors un peu plus tôt. Longstreth envoyait quelques salves à peine masquées à Coffman dont la dure Keep Your Name. On sentait qu’un ressentiment prononcé habitait toujours le chanteur new-yorkais. Qu’en est-il de Coffman qui fait paraître l’ironiquement titré City of No Reply? Un album qu’il faut dire a été sitedemo.cauit par Longstreth… oui c’est compliqué… D’ailleurs, après l’enregistrement de l’album, les deux ne se sont plus parlé.

Coffman a beau dire que ce n’est pas qu’un album de rupture, City of No Reply, en plus de son titre, traite de cœurs déchirés. Cependant, tout comme le processus de deuil qu’on fait d’une relation, Coffman partir d’une loque qui se morfond à une colombe qui étire ses ailes et prend son envol. City of No Reply est un témoin privilégié du deuil d’une relation romantique.

«Baby, I need you in a serious way
Can’t give you all this love when you push me away
I’m at the mountain and I’m strong enough
I’m gonna run till I fall down in your love»
– No Coffee

L’un des premiers simples à paraître donnait déjà un bon indice de ce qui s’en venait sur l’album. Coffman offre une pop assez légère malgré ses thèmes arrache-cœurs qui flirtent avec le R&B et parfois se rapproche du son qu’elle a développé en compagnie de Longstreth chez Dirty Projectors. Par contre, dans son ensemble City of No Reply est beaucoup plus pop et verse parfois même dans le banal. Under the Sun est d’une banalité marquante. Dark Night est aussi à classer dans les pièces qui laissent sur leur faim. Bien que certains effets électroniques distorsionnés se mettent de la partie et quelques chœurs percent la mélodie à la toute fin, ça reste nettement trop ordinaire.

All to Myself, une pièce idéale pour danser un slow collé à ton prochain bal, est une des pièces qui offrent une mélodie déjà entendue, mais traitée différemment. Le résultat est plutôt convaincant. Même son de cloche du côté de la chanson-titre qui emprunte le chemin du semi-reggae, mais qui est étonnement très bien réussi.

«I get to stop around noon, I’m done with you
Oh, it’s my turn, that’s for sure
From now on I’m gonna live for me
Do I regret the time I wasted?
I wanna thank you for setting me free»
– Brand New

Une des pièces les plus R&B est la convaincante Brand New qui reprend une mélodie qu’on a l’impression d’avoir déjà entendu, mais la traite magnifiquement. Elle évite avec habileté les pièges du conventionnel et de la banalité en rajoutant une touche un peu plus inventive. Coffman est une créatrice de talent et bien qu’elle semble avoir pris le chemin de la facilité mélodique, elle ne lésine pas sur l’instrumentation.

City of No Reply est un album en dent de scie qui possède certains moments très efficaces tout comme quelques creux. Une montagne russe qui suit l’évolution du deuil d’une relation amoureuse. Entre le sentiment de liberté et l’impression de pouvoir d’être soi, il y a ces moments sombres où l’on cherche désespérément du réconfort pour émerger de la noirceur.

Ma note: 6,5/10

Amber Coffman
City of No Reply
Columbia Records
46 minutes

https://www.ambercoffmanmusic.com/