Critiques

CocoRosie

Tales Of A Grass Widow

  • City Slang Records
  • 2013
  • 52 minutes
6,5

Tales+of+a+Grass+Widow+Tales+Of+A+Grass+Window+PNG+60Les sœurs Bianca et Sierra Casady, alias CocoRosie, faisaient paraître cette semaine leur cinquième offrande nommée Tales Of A Grass Widow. Ce duo américain formé à Paris, souvent catégorisé « psych-folk » par la plupart des journalistes musicaux, crée un assemblage musical alliant le folk, l’électro, la pop, le chant lyrique et le gospel. La paire a souvent été comparée à Bjork quant la singularité mélodique sitedemo.caiguée. De plus, les frangines se plaisent à offrir à leur public un look débridé qui donne envie de sourire beaucoup plus qu’il ne provoque…

Sur ce disque, les Casady y vont d’une création combinant habilement les orchestrations organiques et électroniques, dans un assemblage qui se veut résolument minimaliste et éthéré. Fidèle à leur habitude, Coco Rosie nous offre des mélodies/comptines infantiles somme toute opérantes.

Réalisé par Valgeir Sigurosson, (qui a collaboré avec plusieurs artistes oeuvrant dans la musique électronique), ce musicien a également travaillé avec des pointures imposantes telles que Bjork, Thom Yorke, Bonnie «Prince» Billie et Feist. L’influence du réalisateur vient donner une bouffée d’air électro à ce Tales Of A Grass Widow.

La principale caractéristique de cette conception sonore est sans contredit la tension et la densité des mélodies concoctées par les soeurettes Cassady qui viennent enrichir ces arrangements fertiles. Des morceaux minutieux, claustrophobes et dépouillés qui ne manquent pas d’originalité et qui propulsent l’auditeur dans un état contemplatif. Curieusement, CocoRosie présente un opus à la fois étrange et accessible… assez difficile de placer un ancrage identitaire facilement endossable sur cette œuvre. Une chose est certaine, les chansons offertes par le tandem sont difficiles à catégoriser.

Un invité de marque vient bonifier cette sitedemo.cauction en la personne d’Antony Hegarty de la formation Antony & The Johnsons. En effet, l’artiste détenant une voix distinctive fait une apparition remarquée dans le refrain de Tears For Animals de même que dans la conclusive Poison. L’électro/pianistique After The Afterlife, l’émouvant refrain dans Child Bride, l’électro-pop austère End Of Time, la funèbre Harmless Monster et la comptine titrée Roots Of My Hair font partie des morceaux prisés par l’auteur de ces lignes.

Si vous affectionnez le monde musical confectionné par Bjork, vous pourriez facilement adhérer à cette élaboration sonore de CocoRosie, malgré les inflexions vocales un peu beaucoup infantiles qui meublent cette œuvre. C’est parfois un peu irritant, mais ça n’enlève en rien aux nombreuses qualités artistiques de cette création. Un disque qui s’écoute en toute quiétude et qui apaise plus qu’il ne stimule. Un album distant et froid, mais étonnamment profond et touchant.

Ma note : 6,5/10

CocoRosie
Tales Of A Grass Widow
City Slang
52 minutes

cocorosiemusic.com

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