Critiques

Cage The Elephant

Melophobia

  • RCA Records
  • 2013
  • 37 minutes
4

Cage-the-Elephant-MelophobiaCage The Elephant, c’est ce genre de groupe que tu découvres par hasard en furetant distraitement dans l’allée des disques chez Future Shop pendant que ta douce magasine un case pour son ipad: t’achètes l’album parce qu’il est 3.99$. C’est pas romantique, mais quand tu tombes sur le premier album de la troupe de cette manière en 2009, reste que t’es franchement satisfait de ton 4 piasses, mon chum. Ok, ce n’était pas super original, mais cette première galette avait juste ce qu’il faut de sens pop, d’hymnes festifs et d’énergie punk.

En 2013 avec Melophobia, un troisième effort pour le groupe du Kentucky, Cage The Elephant propose encore des chansons accrocheuses quelque part entre le répertoire indie post The Strokes et une musique de party, genre Cat Empire. Par contre, les textes rageurs, limites rappés, comme sur l’excellente In One Ear à l’époque, sont ici remplacés par des refrains mielleux génériques. Bref, on s’ennuie du côté badass de la troupe et de l’audace de son charismatique frontman, Matt Shultz.

Melophobia n’est pas un mauvais album. Il fait bouger les fesses et les gars ont certainement encore quelques bonnes idées dans leurs sacs de guitares. Mais justement, ça sent l’étalage d’un paquet de fausses bonnes idées… D’abord, l’ajout de cuivres sur la majorité des pièces m’a encore plus donné l’impression d’écouter un groupe émule de Cat Empire. Déjà que Shultz a une voix apparentée au chanteur de groupe australien, c’est dire.

Ensuite, les nombreux pastiches qui rendent l’écoute un peu déplaisante: t’sais quand dans chaque pièce t’en entends une autre plus connue?! J’en veux notamment pour preuve la pièce Widow qui sonne comme une mauvaise Electric Feels des MGMT ou Spiderhead, qui aurait pu être composée par les membres de Franz Ferdinand, mais rejetée pour l’album parce que tsé, n’est pas tant bonne.

Ah oui aussi, il y a cette chanson, It’s Just Forever qui sonne tellement comme du The Kills que les gars ont eu la brillante idée d’inviter Alison Mosshart, vocaliste transcendante du savant duo, afin de masquer le subterfuge. Peu édifiant.

Sur Telescope aussi – j’vous jure que je ne fais pas d’acharnement thérapeutique ici –, ils ont repiqué ce son de clavier si caractéristique de Strawberry Fields que ça devrait être interdit de réutiliser… surtout après qu’Oasis l’ait faite impunément sur Go Let It Out en 2000, mais je m’écarte.

Bref, malgré quelques bons moments (Teeth qui évoque l’inspiration des premiers jours), Melophobia est un album pop rock comme on en a vu passé des tonnes dans les années 90. S’ils poursuivent dans cette veine, Cage The Elephant ne seront pas juste un groupe qui laisse mi-figue mi-raisin les mélomanes… ils pourraient devenir les Dishwalla, les Fun Loving Criminals ou les Hootie And The Blowfish des années 2000… mais ça, même après un album moyen, on ne leur souhaite pas!

Ma note: 4/10

Cage The Elephant
Melophobia
RCA
37 minutes

www.cagetheelephant.com

1 commentaire

  1. ds, le 2013-11-21 à 15:00

    J’ai toujours trouvé ce band moyen sur cd….mais je les ai vus en show en première partie des Black Keys au Centre Bell il y a 2 ans environ….wow! quelle énergie! j’en aurais pris définitivement plus….À voir en show!

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