Critiques

British Sea Power

Machineries Of Joy

  • Rough Trade
  • 2013
  • 42 minutes
5,5

british-sea-power-machineries-of-joy_jpg_250x480_q85Basée à Brighton en Angleterre, la formation rock British Sea Power lançait récemment son sixième album studio intitulé Machineries Of Joy. Fondé en 2000 par le guitariste Scott Wilkinson, le groupe est complété par son frère Neil à la basse, le batteur Matthew Wood, le guitariste Martin Noble et le claviériste Phil Sumner. Souvent comparé à des groupes aussi dissemblables que les Pixies, Joy Division et Arcade Fire, la musique de British Sea Power pourrait être catégorisée dans la grande famille du pop-rock… mais un pop-rock savamment construit et intelligent.

Au menu sur ce Machineries Of Joy, des guitares moins abrasives que les précédents efforts, des arrangements de cordes de même que des cuivres somptueux et raffinés, une cohérence dans le type de ritournelles élaborées, des mélodies captivantes et une maturité au niveau de l’écriture chansonnière.

La réalisation est particulièrement léchée et parfaitement en uniformité avec cet assemblage de chansons « mid-tempo ». Une création carrément plus adulte… ce qui pourrait rebuter le mélomane en quête de rugosité rock. En effet, la formation britannique a préféré miser sur une litanie de chansons mi-rock, mi-ballade, et ce, au détriment de morceaux électrisants qui auraient pu soulever cette sixième offrande à un niveau supérieur.

Tout au long de l’écoute, nous avons ressenti que British Sea Power tentait de créer un disque ambitieux, moins fédérateur et plus sombre que ce qu’il avait créé auparavant; ce qui se solde en un disque décent, qui comporte son lot de bons moments, mais qui renferme la plupart du temps un manque d’intensité au niveau de l’interprétation. Bref, c’est beaucoup trop en retenue!

Parmi les instants convenables évoqués auparavant, nous avons remarqué l’excellente K Hole; pièce rock au refrain incassable, la superbe ballade What You Need The Most, les cuivres animant Monsters Of Sunderland, la très brit-pop aux effluves du groupe Pulp titrée Radio Goddard et les guitares arpégées dans A Light Above Descending; mais ce n’est pas assez pour susciter l’émerveillement de votre humble critique!

Les fanatiques de pop-rock mature et orfévré pourraient être tentés par cet album, mais il manque une impulsion électrique ou encore un électrochoc à cette œuvre, somme toute linéaire, et ce, malgré les ambitions artistiques exprimées éloquemment tout au long du disque. Une conception sonore qui aurait pu marquer les cœurs n’eût été cette absence flagrante d’enthousiasme et de rudesse qui afflige ce Machineries Of Joy. En dent de scie!

Ma note : 5,5/10

British Sea Power
Machineries Of Joy
Rough Trade
42 minutes

www.britishseapower.co.uk

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