Critiques

Bon Iver

i,i

  • Jagjaguwar Records
  • 2019
  • 39 minutes
8
Le meilleur de lca

Bon Iver est de retour avec i,i, un album qui était censé paraître le 30 août. Malheureusement (ou heureusement), une fuite sur le web les a obligés à déplacer la sortie numérique au 9 août. C’est ainsi qu’on se retrouve avec ce quatrième album du projet de Justin Vernon.

Ce qui frappe le plus sur i,i est sa grande accessibilité. Contrairement à 22, A Million, on est ici en présence de mélodies plus facile à digérer pour l’oreille. Ceci ne veut pas dire que Vernon laisse de côté complètement les sonorités étranges et particulières, mais disons que c’est plus pénétrable comme univers.

i,i se situe entre l’album homonyme et For Emma, Forever Ago et offre plusieurs pièces mélodieuses qui trouvent facilement niche dans le tympan. Faith avec sa douce guitare, ses sonorités qui rappellent le son des vagues, ses cordes douces et sa grosse basse pansue, frappe dans le mile. Ce n’est pas la seule pièce qui vient rapidement nous chercher. Hey, Ma qui rappelle un peu Holocene, vient aussi rapidement nous conquérir. La mélodie est simple, mais pas convenue, intelligente, mais intelligible. De plus, le texte à double sens qui parle autant de l’importance d’appeler sa mère quand ça ne va pas parle aussi de l’importance de faire attention à la Terre.

Full time, you talk your money up
While it’s living in a coal mine
Tall time to call your Ma
Hey Ma, hey Ma
Tall vote, you know you mope it up
Well, you wanted it your whole life
You’re back and forth with light

Hey, Ma

Marion pour sa part nous ramène un peu plus vers les jours de For Emma, Forever Ago avec sa guitare acoustique simple et ses cuivres chauds. Cet album est aussi certainement le plus lumineux de Bon Iver. Salem en est la preuve avec sa trame immense aux sonorités de musique du monde. Ça donne quasiment envie de danser. C’est un phénomène plutôt rare dans la discographie de Bon Iver.

We sort du lot aussi avec sa mélodie efficace et son instrumentation atypique pour Bon Iver. Ce qui ne veut pas dire que les chansons intimes disparaissent pour autant. iMi (sur laquelle collabore James Blake), Sh’Diah, RABi et Holyfields, en sont toutes de bons exemples.

Pour comprendre un peu plus ce que l’Américain voulait faire sur cet album, il s’est même prêté au jeu d’un documentaire sur l’album et la prochaine tournée.

i,i est un album complet, intelligent, mélodieux, plutôt lumineux pour Bon Iver. Il n’y a pas de doute, Justin Vernon ne fait pas les choses à la légère. Et à l’écoute de cet album, on se dit que si c’est ce qu’il peut faire de plus pop, il n’y a pas de grande crainte à avoir pour le futur.

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