Critiques

Big Brave

A Gaze Among Them

  • Southern Lord
  • 2019
  • 39 minutes
7,5

Actif depuis 2012, le trio montréalais Big Brave nous revient avec un quatrième long jeu, A Gaze Among Them. Lancé sur la légendaire étiquette de disques Southern Lord (Sunn 0))), Earth, etc.) cet album de sludge et de doom rock est parfaitement à sa place. Lourd, sans être crasseux et méchant, ce groupe sait doser les mouvements hypnotiques, les montées post-rock et le mur du son.

A Gaze Among Them ouvre avec Muted Shifting of Space. Ce long morceau de plus de 8 minutes (par le passé, le groupe ne s’est jamais gêné pour dépasser la barre des 10) ouvre avec une séquence répétitive de batterie qui se poursuit un bon moment après que les guitares lourdes aient fait leur apparition. La voix mélodieuse de Robin Wattie vient aussi donner le ton. Sans tomber dans les excès métal, le groupe préfère les ambiances lourdes à l’agressivité qui caractérise souvent le style.

Holding Pattern qui suit démarre de façon plus posée. La voix vulnérable, mais jamais plaintive lance le bal sous un léger drone qui prendra plus de place alors que la chanson évolue tranquillement en mur de feedbacks et d’accords distortionnés. Sans rien réinventer, la pièce est quand même à l’image du groupe.

Le troisième morceau de l’album, avec ses 10 minutes bien sonnées, rappelle par certains moments les derniers albums de Swans : long intro, voix aérienne et une batterie frénétique qui entre en jeu à la moitié du programme sans donner de rythme particulier. C’est vraiment une pièce à écouter à un volume assourdissant pour comprendre la force de frappe du groupe. Ceci est d’autant plus vrai que lorsque le riff principal de guitare démarre, l’effet de trémolo vient rajouter à la confusion et à la puissance de cette chanson. Un grand moment.

Avant de fermer les livres, This Deafening Verity vient calmer l’auditeur avant la finale. Un petit moment de répit dans ce qui est autrement une sorte de champ de ruines musicales. Mais de belles ruines. Car malgré la lourdeur, ce groupe se démarque vraiment par sa façon d’infuser un peu de beauté dans son doom. Les amateurs des premiers albums de Jesu pourront s’y retrouver.

Sibling, avec sa structure influencée par le rock industriel, et en loop pendant les 7 minutes de la chanson, vient varier les dynamiques. Une mélodie vocale, avec un feedback de guitare contrôlé à l’arrière-scène, amène l’auditeur dans une transe. Transe qui se termine après seulement 39 minutes de musique en tout.

Bref, une autre belle parution pour ce groupe montréalais qui gagne à être connu ici même au Québec. Tout amateur des autres groupes mentionnés dans ce texte devrait y jeter une oreille attentive.

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