Critiques

Barrasso

Colada

  • Music Mansion Records
  • 2018
  • 33 minutes
8
Le meilleur de lca

En 2015, Barrasso avait frappé fort avec son album Des x, des croix, des pointillés qui avait surpris avec ses inspirations d’Hot Snakes, ses guitares puissantes et ses paroles qui versent dans une critique sociale qui évite le militantisme à deux cennes. À la place, Barrasso nous met devant l’exaspération avec une résignation où le cynisme tient une place importante.

Ça ne change pas sur Colada qui reprend les thèmes du précédent album, les riffs forts, les inspirations d’Hot Snakes, les mélodies efficaces et tout ça en français-s’il-vous-plaît. Colada continue dans le sillon qu’ils avaient commencé à tracer sur le premier album tout en plongeant un peu plus loin. Barrasso a affiné ses compositions, renforcé ses mélodies et continué à faire les choses avec une passion et une authenticité fort appréciable.

Le riff de Sona 2 est une des étoiles du match, il n’y pas de doute. Une composition où la nervosité et le relâchement se côtoient naturellement alors que la mélodie vocale de Jonathan Beauregard est encore une fois puissante. Puis, ça se déverse dans une fin de chanson irrésistible :

L’as-tu vu prendre son élan?

L’as-tu vu s’envoler?

— Sona 2

Ce qu’on voit? C’est Barrasso qui prend son élan pour t’envoyer un riff avec la puissance d’un slap shot de Chris Pronger dans ses belles années. Solage est une autre chanson à la mélodie efficace qui se permet des progressions d’accords dissonants magnifiques. Si chacune des paroles de Barrasso n’est pas de la poésie digne de Baudelaire, le groupe se campe dans une réalité terrienne qui évite le banal et le quotidien. À travers tout ceci, le groupe se permet quelques petites perles langagières qui sont tout à fait délicieuses :

Prends ton temps, mais fait ça vite

— Patchiko-lala

La seule chose qu’on peut reprocher à Barrasso, c’est sa recette compositionnelle qui est assez unique sur Colada. Ses structures sont pratiquement identiques d’un bout à l’autre de l’album. On passe du couplet au refrain au couplet au refrain au pont pour finir dans le refrain. Ce ne sont ni les premiers ni les derniers à faire ça. Ça n’accroche pas l’oreille tant que ça, parce que les riffs et les mélodies sont tellement forts que tout le reste, on s’en balance.

C’est un Colada tout à fait réussi pour Barrasso qui débarque avec ses riffs qui donnent envie d’headbanger, ses mélodies vocales qui restent prises dans la tête et une bonne dose d’énergie. Barrasso est un groupe qui tient une place unique parmi les groupes de rock lourd québécois qui proposent une approche des plus singulière.