Critiques

Austra

Olympia

  • Domino Records / Paper Bag Records
  • 2013
  • 46 minutes
8
Le meilleur de lca

austra16Austra est un groupe originaire de Toronto dirigé par Katie Stelmanis. Austra se veut un groupe électro-pop, puisant clairement ses influences, comme de nombreux autres de ses pairs dans les années 80. Au-delà de ces comparaisons, force est d’admettre qu’Austra se démarque et se démarquera fort assurément de ses semblables au cours de ses prochains albums. Il y a clairement chez Austra des connaissances musicales qui ne mentent pas. La chanteuse et multi-instrumentiste, Katie Stelmanis (tout d’abord destinée à être chanteuse d’opéra) bifurque à ses 18 ans vers la musique dite pop. S’ensuivra immanquablement un talent inné à composer des pièces riches, aux structures intéressantes et dans un format accessible. Joint par les collègues, Maya Postepski (multi-instrumentiste et déjà connue de la scène musicale indie de Toronto) ainsi que Dorian Wolf à la basse et guitare. Les deux comparses viennent bien appuyer Katie Stelmanis et Austra s’en tire à merveille au niveau de la recherche sonore.

Olympia est le deuxième album de Austra suivant Feel It Break. Cette deuxième offrande suit exactement où Feel It Break nous avait laissés. Le premier album avait surpris par la qualité des pièces et l’effet de surprise de voir un groupe canadien ayant un son beaucoup plus près des Britanniques que des Américains était immense. Au niveau des influences on pense à Florence + The Machine, Bjork et autres ou bien, si on se réfère aux eighties, on y retrouvera les couleurs des Grace Jones, Kate Bush, Sinead O’Connor avec des sédiments de Talk Talk de la première époque (pré Spirit Of Eden). On a affaire ici à un trio qui pourrait fort bien épater la galerie à un niveau mondial. Il est très rafraîchissant, suite à la surprise de Grimes en 2011, qu’une autre formation canadienne puisse œuvrer au-delà du style «indie» si marquant des années 2000 et recevoir des éloges du milieu électronique.

Sur Olympia, nous avons affaire à quelques pièces très inspirées. L’ouverture de l’album avec la pièce What We Done donne le ton à l’album; crescendo subtil, voix bien placée, sonorités surprenantes et envolée à la fin. Suit la superbe «talk talkienne» titrée Forgive Me ainsi que la très 80 Painful Like; pièce dansante et planante à la fois. Un peu plus loin on aura droit à la grandiloquente et épique Home; assurément l’une des pièces les plus fortes du jeune répertoire de Austra. We Become (autre point marquant de l’album) dans laquelle la voix de Katie Stelmanis nous donne envie d’entonner avec elle le plaintif refrain. Superbes lignes de basse, percussions et orchestrations orfévrées, ce Olympia nous démontre clairement une ingéniosité musicale au-delà de la pop générique.

Austra vient de pondre est un des albums canadiens les plus surprenants de l’année 2013. Dans un avenir rapproché, deux choses ne m’étonneraient guère pour ce Olympia: remporter le prix Polaris pour album de l’année en 2014 et voir l’un de ses titres dans une trame sonore d’un film de Xavier Dolan.

Ma note : 8/10

Austra
Olympia
Paper Bag/Domino Records
46 minutes

www.austramusic.com

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