Critiques

Aliocha

Naked

  • Audiogram
  • 2020
  • 35 minutes
7,5

Ce nouvel album d’Aliocha voit le jeune auteur-compositeur-interprète donner une nouvelle esthétique à sa musique. Moins folk qu’Eleven Songs, son premier album studio, Naked, son dernier effort, évolue dans une autre dimension et revêt une saveur toute particulière.

En effet, avec Samy Osta (Juniore, Feu! Chatterton), de retour derrière la console, ce nouvel album, enregistré dans le Paris natal du chanteur, s’éloigne des influences sixties folk de son premier album et explore un registre plus moderne côté sonorité et plus mature côté écriture.

Naked démarre délicieusement avec la disjonctée, The Party, premier extrait de l’album révélé l’automne dernier. Certainement la chanson la plus entraînante de l’album, entre dream pop et rock, elle accroche l’oreille efficacement avec sa forte rythmique et ses paroles délurées.

« I will go to the party if you want me

I don’t mind if you’re crazy

I don’t know what you do to me […]

I will make an exemplary guest, you’ll see »

The Party

Il y a un détachement et une distance déroutante au départ, mais qui, une fois assimilés, donnent à l’ensemble un charme singulier, voire une belle humilité. La production et l’architecture des pistes reposent sur la simplicité et Naked réussit à nous envoyer plusieurs morceaux dignes d’intérêt parmi ces 10 pistes.

À la crépusculaire chanson-titre, Naked (avec Charlotte Cardin aux harmonies vocales), la langoureuse Your Sex Is Perfect ou la planante Moon, Aliocha fait marcher la machine. Il possède une franchise désarmante et l’émotion passe sans qu’il n’y ait de lourdeur ni d’exagération.

Ou Eleven Songs présentait beaucoup de chansons qui sonnaient comme du Bob Dylan, sur Naked, Aliocha redirige son approche, s’affranchit, s’approprie plus ses chansons et joue plus et mieux de sa voix. Les effets et les arrangements studio sont plutôt bien développés et contiennent de beaux exercices de guitare acoustique, de basse, de synthétiseur étincelant et de percussions variées.

Pas question d’attendre d’avoir quelques albums derrière la cravate pour brouiller les pistes. En réinventant son style folk et très inspiré, il démontre qu’il peut non seulement porter une autre chaussure à son pied, mais qu’il peut également nous offrir une agréable chorégraphie. De plus, il a conservé son mélange sensible de réflexions douces et mélancoliques, cette qualité qui rend difficile de ne pas s’enticher de lui.

Musicalement plus brut et audacieux qu’Eleven Songs, Aliocha offre avec Naked un intéressant cocktail de chansons aux mille influences passées à la moulinette de son talent. Ce n’est pas nécessairement un album pour tous, mais c’est tout de même un disque à écouter autant pour le simple plaisir de découvrir que pour les admirateurs de la première heure.

Avec Naked, Aliocha se dévoile davantage et je suis ravie de faire sa connaissance.

*Aliocha sera en spectacle le 27 mai 2020 à la salle Le Ministère.

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