Critiques

Alamo Race Track

Hawks

  • Excelsior Records
  • 2015
  • 43 minutes
7

Alamo Race TrackAlamo Race Track, c’est le miracle hollandais. Tu sais pas trop qui c’est et tu ne sais pas trop non plus comment tu peux savoir qui ils sont. C’est la magie de la langue, du flamand en l’occurrence, et de la barrière que cela constitue lorsqu’on tente d’en savoir un peu plus sur un groupe qui n’a jamais réellement su s’exporter au-delà de ses frontières. Entre la Belgique et l’Allemagne, le quatuor, composé autour de Ralph Mulder et Leonard Lucieer, s’était un peu ouvert sur l’Europe suite à une tournée en 2006 pour leur deuxième album Black Cat John Brown. Mais leur renommée reste néanmoins largement cantonnée aux Pays-Bas.

Après deux albums, dont Black Cat John Brown, très garages (voir lo-fi de l’extrême, style, la ligne de guitare enregistrée sur un parking devant le studio) Alamo sort en 2011 Unicorn Loves Deer. Trois nouveaux musiciens rejoignent Mulder et Lucieer et en plus, le groupe découvre comment marche un studio d’enregistrement (il ne faut pas rester sur le parking). Tout en pratiquant une pop rock très accessible, le son est désormais plus complexe. Plus fouillé et vraiment meilleur. Et surtout, peut-être, et je dis bien peut-être, c’est sur ce disque que se trouve l’un des meilleurs morceaux de rock indépendant de ces dernières années qui se cache derrière le titre éponyme. Une chorale estivale à hurler de toutes ses forces en dévalant le doux versant d’une colline (en été) avant de se rouler au milieu de bottes de pailles les quatre fers en l’air.

Enfin, après quatre ans de silence et quelques publications sur Facebook, évidemment peu compréhensible – car en flamand donc – voici le quintette qui revient avec l’album Hawks sans trop de cérémonie (deux titres sont discrètement mis en écoute par le groupe). C’est sorti le 20 mars dernier et tout le monde s’en fout au sud d’Amsterdam. Pourtant, avec Hawks, Alamo Race Track a tout fait pour enfin s’exporter.

Plus doux, plus rond et plus lisse aussi. Au niveau de la sitedemo.cauction, Hawks fait largement figure d’album mature comparé à Birds At Home (premier opus) ou Black Cat John Brown. Mulder nous offre un élargissement de sa palette vocale et arrête avec l’accent texan enrhumé. C’est une bonne chose. En réalité, Hawks est assez proche de Unicorn Loves Deer, mais en plus pop et surtout avec une touche très rafraîchissante de psychédélique. Le titre qui ouvre l’album Young Spruce And Wire est fantastique. C’est un petit résumé du talent d’Alamo. À son image, les titres se construisent par une accumulation de boucles. Et chaque répétition de claviers ou guitare donnent une nouvelle force au titre, un nouvel élan à chaque martèlement. Très pop et en même temps contemplatif, Hawks est aussi doucement psychédélique. Ce dernier point est d’ailleurs quelque chose de clairement nouveau. C’est même en jouant sur cette nouvelle fibre que le groupe livre ses meilleurs titres (Bad Luck, We Should Have Nevers Camped Here). Guitares tournoyantes et chants éthérés sont largement présents.

Et même si parfois on peut douter de la pertinence de certains titres, du style The Trail où à la fin tu te dis «Ah bon, OK, c’est pas une face B, ça ?», Hawks est globalement meilleur que son prédécesseur. Chez Alamo, il y a toujours ce souci de la convivialité, les chants sont toujours entraînants par exemple. C’est la recherche des grands espaces entre deux accords de guitares et l’envie de partager une épiphanie avec le public. Et puis sérieux, quand t’as un titre qui se nomme Everybody Let’s Go et qui est un fantastique concentré de gospel électrique, tu n’as qu’une envie… C’est d’y aller, et de prendre un billet pour Amsterdam.

Ma note: 7/10

Alamo Race Track
Hawks
Excelsior Records
43 minutes

http://alamoracetrack.com

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