Critiques

Aimee Mann

Charmer

  • Super Ego Records
  • 2012
  • 42 minutes
6,5

Retour sur disque après quatre ans d’absence pour celle qui nous avait concocté un pas vilain du tout @#%&*! Smilers, en 2008. Cette fois, Aimee Mann cogne à la porte avec son Charmer, annonçant une visite connue et familière. Pas de surprise, donc, sur le huitième album de celle qu’on a découverte en 1999 sur la trame sonore du film Magnolia, de Paul Thomas Anderson. Si on fait abstraction de ses premiers pas musicaux dans les années 1990, le son de l’artiste américaine est depuis près d’une quinzaine d’années bien ancré dans une pop-rock convenue, et ce nouvel opus ne fait pas exception.

Sur Charmer, on retrouve donc – encore – cette voix chaude et basse qui caractérise la vocalise d’Aimee Mann. Elle est accompagnée par une base soutenue, quelques notes de piano, des claviers sortis des années 1970 et par des guitares électriques qui, soulignons-le, prennent davantage d’importance que sur les albums précédents. Les fans de la chanteuse relèveront rapidement cette différence sonore. Pour les autres, ceux qui écoutent irrégulièrement la musique de l’américaine, ce disque s’inscrira plutôt dans une continuité sonore somme toute académique.

Côté texte, Aimee Mann a toujours porté un regard assez cynique et dramatique sur les relations humaines, et elle le fait encore ici. Par contre, elle y ajoute une petite pointe d’humour noire intéressante, bonifiant au passage les histoires qu’elle nous raconte. On pense à celle de ce type qui ne peut sortir qu’avec des filles provenant de Crazytown (titre de la chanson), cette contrée où les femmes sont toutes très belles, mais surtout très folles, voulant attirer à tout prix l’attention des hommes, devenant hystériques en public quand elles n’ont pas ce qu’elles veulent.

Ou encore à cette rencontre, sur la chanson titre, avec un homme «charmant», qui, au départ, séduit par ses belles paroles et avec qui vous voulez tout partager… jusqu’à ce que vous vous rendiez compte qu’il a toujours besoin d’un auditoire à séduire, d’être vu et reconnu comme «le bon gars» que tout le monde aime. Fatiguant!

Au final, ce Charmer ne surprend guère et marque une continuité dans le travail artistique d’Aimee Mann. Normal! Celle qui a maintenant 52 ans sait ce qu’elle est, connait ses limites, son style et ce qu’elle peut offrir. Elle est ici en pleine maîtrise de ses atouts.

Ma note : 6,5/10

Aimee Mann
Charmer
Super Ego Records
42 minutes

www.aimeemann.com/

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