Critiques

Actress

Ghettoville

  • Ninja Tune Records / Werkdiscs
  • 2014
  • 69 minutes
8
Le meilleur de lca

Écouter Ghettoville pourrait se comparer à un trajet en autobus. Parcourant tous les racoins de la ville, l’individu fait face à divers paysages. Par moment, la musique de Actress rappelle celle qui joue dans les bars fréquentés par les amateurs de musique de la marge alors qu’à d’autres moments, Ghettoville s’apparente plutôt aux façades décrépies des usines désaffectées.

À la fin du mois de janvier, dans le cadre d’une entrevue réalisée par Larry Fitzmaurice de Pitchfork, Actress, le nom de plume du Britannique Darren Cunningham, a affirmé qu’il voulait faire de Ghettoville «un disque qui sonne comme un objet cassant, comme si l’auditeur était accro à la drogue et que le monde s’écroulait autour de lui». L’objectif a été atteint.

Ghettoville est le quatrième opus de Actress. Sur son excellent nouveau disque, le producteur de Wolverhampton propose une musique électronique cérébrale et austère. D’ailleurs, il n’est pas surprenant que ce disque paraisse sous la très renommée étiquette Ninja Tune. Cette maison de disque londonienne est possiblement la plus admirée des musiciens de la sphère électro. Certains voient même Ninja Tune comme étant le penchant électro de Blue Note Records. Après tout, lorsque le même label a la chance de travailler avec des artistes de renom tels que Amon Tobin, Bonobo, The Cinematic Orchestra et Jaga Jazzist, la réputation et la crédibilité sont souvent assurées.

Sur Ghettoville, Actress démontre tout le talent qu’il possède pour créer des atmosphères glauques et menaçantes. Du début à la fin de l’album, le musicien réussit à construire une palette de rythmiques, de dynamiques et de textures franchement efficace et somme toute diversifiée. Composé uniquement à partir d’appareils électroniques, Ghettoville a la qualité d’offrir de très bons amalgames de sonorités. Le disque est dominé par les sons graves. Toutefois, Actress excelle lorsque vient le temps d’incorporer des sonorités aiguës et ces dernières ponctuent les pièces et leur donne du relief.

Tout au long des seize pièces qui composent Ghettoville, Actress nous entraîne à travers une myriade de styles et d’esthétiques. D’ailleurs, le musicien a toujours refusé de confiner sa musique à une seule étiquette et ce n’est pas avec Ghettoville que ça changera. On y retrouve notamment du techno expérimental, de l’ambiant ainsi que quelques petites touches de jazz (Time), d’industriel (Forgiven et Contagious) et de «left-field hip-hop» (Rule). De plus, la réalisation offre parfois des sonorités lisses et souvent des sonorités rudes.

 

 

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