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Telefon Tel Aviv et Steve Hauschildt au Bar Le Ritz PDB le 21 février 2020

Vendredi soir dernier, c’est vers le Bar Le Ritz PDB que je me suis dirigé afin d’assister au retour attendu de Telefon Tel Aviv en terres montréalaises. La première partie de la soirée est assurée par Steve Hauschildt et sa techno ambiante pour une nuit typiquement Ghostly International. Un moment intime et privilégié dont je suis sorti bien secoué.

Les débuts de Telefon Tel Aviv, formation composée de Joshua Eustis et de Charles Cooper remontent à la toute fin du siècle dernier. Lorsque Cooper disparaît accidentellement en 2009, l’avenir du projet est alors plus qu’incertain. Le duo basé à la Nouvelle-Orléans s’est fait remarquer comme pionniers de l’IDM avec un premier album, Fahrenheit Fair Enough sorti en 2001 qui fût acclamé par la critique. Suite au décès de Cooper, Eustis, déménagé à Los Angeles, décida de poursuivre l’aventure Telefon Tel Aviv en solo et publia seulement une poignée de titres entre 2010 et 2012. Accompagnant Nine Inch Nails en concert au cours de ses tournées, il finit par publier son premier album sous le nom de Telefon Tel Aviv, paru il y a dix ans : Dreams Are Not Enough, disque sorti chez Ghostly International l’an passé.

La performance de ce soir est à l’image de ce dernier opus : un mélange à la fois obscur et planant où les nappes ambiantes sont habillées de percussions technos, sans jamais délaisser un aspect pop électronique. Le Bar Le Ritz PDB est rempli comme un œuf et l’excitation est palpable lorsque Eustis foule la scène sur les coups de 21 heures.

Débutant par deux titres purement instrumentaux, des mélodies ambiantes s’entremêlent les unes aux autres donnant l’impression d’une cohérence évidente à l’ensemble. Eustis utilise uniquement son ordinateur, un boîtier de type contrôleur et un micro entouré d’une sorte de spirale métallique. Sa voix lyrique se pose parfaitement bien sur les multiples glitchs IDM et les rythmes deep techno sont d’une précision assez bluffante.

La foule enthousiaste se laisse porter par un enchaînement fluide de morceaux tantôt lents et progressifs, tantôt saccadés par des rythmiques effrénées. Eustis confie avoir pris froid à Montréal (étonnant !), cela explique peut-être sa voix en retrait, à peine audible à certains moments. Peu importe, les textures sonores de l’artiste sont stupéfiantes, granulaires et ultras travaillées. Après environ 30 minutes, je reconnais les premières notes de Something Akin to Lust. Les premiers frissons arrivent, les trois notes du morceau évoluent parmi les ondes de basses en se décalant dans la grille du temps, nous faisant perdre toute notion de tempo. On sent à cet instant que quelque chose se passe, un moment d’unité, de magie que l’on refuse de voir disparaître. Je pourrais parier que nombreux sont ceux qui sortiront du concert, hantés par ce titre sorti en 2017.

Difficile de se remettre d’une telle claque sonore, la performance de Telefon Tel Aviv s’ensuivra de quelques titres dont l’un semble tiré de l’album Farhenheit Fair Enough. Eustis terminera sa prestation de manière plus accessible en proposant une synth pop relativement dansante. Globalement, Telefon Tel Aviv propose résolument une musique cérébrale demandant une attention particulière. Je fus absolument séduit et convaincu par la performance.

Il faut dire que Steve Hauschildt avait déjà donné le ton de la soirée en nous plongeant dans son techno ambiant. Également signé chez Ghostly International, il livrera une performance de 40 minutes où, concentré sur ses machines modulaires, il assènera de douces articulations mélodiques teintées de techno expérimentale. Les visuels projetés derrière lui rendent l’expérience d’autant plus hypnotique. À revoir. 

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