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Taverne Tour 2026 | First Sex + Belly Hatcher + Hélène Barbier + Bossanova Frankenstein + Nuba Ruby Ha + Annie-Claude Deschênes + Lydia Lunch & Marc Hurtado

J’ai adoré chaque moment de mon Taverne Tour 2026. Tellement de belles découvertes parmi la scène musicale indépendante. J’ai hâte à la prochaine édition.

Mon lendemain de veille de St-Valentin et moi avons mis les pieds dans le Ministère à temps pour les premières notes de First Sex, un très efficace trio électro aux deux chanteuses, à l’unisson ou se répondant, tout en agitant leurs nombreux accessoires ou percussions, ou en dansant des chorégraphies qui ont fait jaillir quelques cris parmi la foule. Textes funnés, bonnes chansons, prestation rafraîchissante.

Mon deuxième arrêt fut la Sala Rossa pour Belly Hatcher, définitivement un de mes coups de cœur du festival. Encore deux chanteuses, dont une faisait également office de DJ, aux voix bien énergiques à crier leurs textes sur fond de délai. Textes qu’on n’entendait pas tellement la musique était forte (les basses fréquences faisaient bouger la casquette sur ma tête), mais clairement, le but n’était pas de porter attention aux paroles, plutôt de danser comme si c’était la fin du monde. Pratiquement aucun éclairage comme ambiance, comme dans un club, tard. Un set monté comme un set de Dj, enchaîné sans pause ni répit. Installées sur le parterre, elles ont dansé et chanté leur électro trash parmi la foule une bonne partie du spectacle, c’était génial, tout comme le fait que la place se remplissait lentement de sorcières venues pour entendre Lydia Lunch plus tard en soirée. Magnifique.

Une soirée courue

Je suis resté le plus longtemps possible, mais je devais traverser à la Casa del Popolo pour Hélène Barbier, dont la basse demandait à être accordée avec soin, tant il faisait chaud à cause de la quantité de gens entassés. J’ai réussi à convaincre la personne à la porte de me laisser entrer le temps de quelques morceaux, ça refoulait à l’entrée, comme on dit. Ses pièces bien ficelées brillaient grâce à elle et son groupe, aux superbes arrangements pour la formation comprenant basse, deux guitares, batterie, flûte et clavier. De la musique que je qualifierais de « chanson new wavy ». Le spectacle au volume le moins fort de tout le festival, en passant.

Retraverser de l’autre côté à la Sotterenea pour Bossanova Frankenstein, dont c’était officiellement le premier spectacle du projet, si mes oreilles ont bien capté les propos d’Evan Henderson. Chansons sombres ou un peu tordues sur fond de séquences électroniques maniées par Evan et sa guitare Jaguar noyée dans les effets, secondée pour un saxophoniste discrètement efficace. La salle étant moins équipée côté éclairage, aide par défaut à mettre le focus entièrement sur la musique.

Sortir du sous-sol pour remonter à la Sala et m’installer sur la plate-forme sur la gauche de la salle pour bien me faire hypnotiser par Nuha Ruby Ha. Ouch! Elle et son guitariste très inspiré ont pesé très fort sur la foule bouche bée. La pièce « Rise » était tellement lourde live, le plancher vibrait jusqu’au fond de mon âme (okay j’exagère). La chanteuse utilisait en alternance deux micros, un dans chaque main, ça ajoutait à la mystique des choses. Un micro avec délai et un autre « sec », qu’elle choisissait selon son inspiration. Envoûtant, tout ça. Aussi bon que puissant.

Les valeurs sûres… et des moins sûres

De retour au Ministère, complètement rempli pour Annie-Claude Deschênes, une autre fabuleuse sorcière dans mon cœur, créatrice de magie, qui a pris le public dans ses mains pour en faire ce qui lui plaisait, pendant 40 folles minutes. Oubliez les expériences immersives et autres machins, tout ce dont vous avez besoin est une performance d’Annie-Claude. Un spectacle qui a commencé par un court bain de foule en body surf. Épaulée par son comparse qui la suit avec caméra et lumière, ou derrière ses machines, Annie-Claude et son beau micro couleur crème ont utilisé le Ministère au complet, une salle de jeu arpentée avec ledit micro AVEC fil (pourquoi se simplifier la vie en sans-fil quand on peut aller jusqu’au bout du monde avec un câble de 50 pieds). Un spectacle somme toute assez « dance », trames sonores incroyables parfois agrémentées du clavier ultra tight de miss Deschênes, c’était parfait. En passant, c’était un des rares spectacles parmi les 22 auxquels j’ai assisté en trois jours, qui a commencé avec du retard. Pas grave du tout, même exceptionnel, parce que la précision des horaires des trois jours du Taverne Tour était très réussie, chapeau.

J’aurais tant aimé voir Bonewaves et son surf sombre, et aussi Easy Tiger et son rock, mais non, je me suis dit que je devais couvrir le spectacle « Lydia Lunch & Marc Hurtado : Resurrect the music of Alan Vega & Suicide ». Je me demandais pourquoi il y avait autant de personnes dehors devant l’immeuble en arrivant. J’ai eu ma réponse en pénétrant la Sala Rossa. Je ne veux rien enlever à ces légendes musicales, mais, pour moi, c’était… insupportable? Sorry! Même avec des bouchons, c’était insoutenablement fort. Lydia alternait elle aussi entre deux micros, mais je n’ai pas compris un mot de ce qu’elle disait, à part le moment où elle parlait contre les médias sociaux (ou quand elle toussait dans un des micros), en partie à cause du volume sonore ridiculement fort. Pourquoi donc? Y’avait pas d’amplis de guitare ni de batterie à couvrir, ç’aurait pu être deux fois moins puissant. L’autre raison pour laquelle on n’entendait pas tant Lydia était le fait que Marc Hurtado criait sans cesse dans son propre micro, avec distorsion et délai, sur fond de séquences bruyantes. Par chance mon ami Stephen est apparu dans ma face avec un shooter de whisky surprise. On rigolait parce qu’on avait parfois l’impression que Marc, debout au fond de la scène avec ses lunettes fumées à se frapper le chest en criant derrière ses consoles, était dans son propre spectacle. En tout cas, si tout ceci est votre truc, je recommande fortement. La Sala se vidait lentement, je regrettais un peu la bière que je venais de commander, mais bon, je voulais vivre cette expérience jusqu’au bout.

Jusqu’au bout de ma canette, je veux dire. Après quelques chansons, je me suis finalement auto-escorté jusqu’au métro Laurier, retourner dans mon quartier lointain prendre une bière relaxe, assis sur une chaise, dans un bar sans musique live.

J’ai adoré chaque moment de mon Taverne Tour 2026. Tellement de belles découvertes parmi la scène musicale indépendante. J’ai hâte à la prochaine édition.

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