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Taverne Tour 2019 : Victime, Ellemetue, N Nao @ Casa Del Popolo

Deuxième soir de Taverne Tour que je passais avec N Nao, Ellemetue et VICTIME.

 

N Nao

Certaines bonnes idées ont ponctué le concert somme toute pas très abouti de N Nao à la Casa Del Popolo vendredi soir. Avec une esthétique dangereusement proche de la toute récente et innovatrice Lydia Képinski, mais avec un Blaise (réalisateur des deux albums de Lydia et tiers primordial de son trio original) qui brille par son absence, la chansonnière nous a joué quelques compositions assez monotones au niveau du texte, des harmonies, des mélodies — hormis quelques occasionnels joyaux — et des parties de guitares. Elle aurait avantage à connaître davantage les pédales qu’elle n’utilisait généralement qu’à la fin de ses pièces, sentant comme le besoin de leur apposer une couleur autrement absente… Couleur qu’elle souhaiterait peut-être étaler sur le reste de ses œuvres si ses effets ne lui étaient pas si vraisemblablement étrangers. C’est un problème fâcheux pour des pièces qui en auraient grand besoin. Ce côté atmosphérique et quelque peu psychédélique pourrait grandement servir le projet, à mon avis. Un peu plus de profondeur compositionnelle et un peu de consolidation [quant à l’angle qu’elle adopte] pourraient amener la chose à un niveau plus intéressant — niveau qui, pour le moment, reste balbutiement.

Ellemetue

Avec Ellemetue, on nous a lancé dans un univers absolument kitsch flirtant avec un surréalisme obnubilant dès les premiers instants. Le duo montréalais rassemblant de Mingo l’indien (Les George Leningrad) et Nunu Métal garrochent des progressions modales majestueuses et des chants gourouesques noyés dans le délai sur des boîtes à rythmes rigides et sèches. Sections de cuivres, sonorités électroniques, free-jazz, clarinette tantôt locrienne tantôt klezmer, orgue Yamaha, guitare paralléliste empruntant du rock au country, orchestres massifs, new wave… tout ça (mais pas seulement) crée une cohérence contre-intuitive qui nous porte du cirque à FET.NAT.

Franc succès au niveau de la performance aussi; quand dans les premiers moments du concert le guitariste mange fièrement et explicitement ses crottes de nez sur scène, on n’est pas laissés à nous même : on nous appelle à mettre les pincettes et les gants blancs de côté. Esprit saboteur, l’indien aux allures mesquines et désinvoltes (débordant momentanément sur le sensuel) assaille le micro avec du papier d’aluminium, attrape ses crachats au vol, arbore une strap à la cowboy, répète dans le micro « Je me suis peut-être imaginé jouer du jazz »… Vraiment, un projet aussi étrange que réussi, magnifiquement inexplicable.

Victime

L’assez récent trio de Québec Victime a cloué la soirée sur une bonne note avec son punk absolument énergique et déglingué. Malgré le genre de flou [artistique] constant planant autour du guitariste — ses accords, ses presque clusters s’accordent avec son jeu scalaire pour ne rendre lisible que des masses spasmodiques —, le groupe réussit à sonner comme un tout complètement synchronisé et en mouvance perpétuelle. Les riffs inventifs, l’utilisation ingénieuse des mesures irrégulières (souvent utilisées comme élément tensoriel) et la voix criarde et entraînante de la chanteuse qui fait des échos aux parties de guitares participent d’une performance très réussie, très agréable — malgré les quelques petites longueurs. Dernier détail; j’aurais donné à la bassiste (et chanteuse) une pédale de distorsion pour pouvoir avoir un juste milieu entre son synthé et sa basse clean. Les changements entre les deux instruments étaient un parfois un peu vides, vu la grave-puissance de son microbrute.

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