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SOULFLY performing NAILBOMB + TODAY IS THE DAY + LODY KONG aux Foufs, 14 mars 2018

En novembre dernier, j’ai accepté de couvrir le show de Chelsea Wolfe et Youth Code pour le Canal Auditif. J’étais pas mal content de voir la queen goth sur la scène du National. Enfin, jusqu’à ce que je réalise que son show avait lieu en même temps que celui de Soulfly aux Foufs. Fort heureusement, le spectacle a tellement bien fonctionné que le groupe a décidé de remettre ça pour une tournée canadienne cette année! Je m’en suis voulu d’avoir manqué ça parce que le show de Max Cavalera et compagnie sert à commémorer un album que j’ai écouté à fond dans mon adolescence: Point Blank, unique album de Nailbomb. C’est quoi ça Nailbomb? C’est un duo formé de Max Cavalera (Sepultura/Soulfly) et Alex Newport (Fudge Tunnel). Ces deux gars-là se sont rencontrés en tournée au début des nineties et ils ont vécu un véritable coup de foudre artistique. Leur alliage de punk/thrash/industriel a vu le jour en 1994, c’est-à-dire entre les classiques Chaos A.D. et Roots de Sepultura. Point Blank est aujourd’hui reconnu en tant qu’oeuvre majeure de la discographie du Bob Marley des métalleux. Nailbomb n’a qu’un album studio, au fait. Celui qui s’intitule Proud to Commit Commercial Suicide est un album live contenant une poignée d’inédits. Voilà pour la petite page d’histoire du métal.

Le show maintenant!

C’est vers 20h15 que Lody Kong est embarqué sur scène. Le trio est en fait le véhicule créatif d’Igor et Zyon Cavalera, tous deux fils du chanteur/guitariste de Soulfly. En terme de conciliation famille-travail, on ne peut pas vraiment imaginer mieux que la famille de Max et Gloria, pour qui le 9 à 5 est la vie de tournée. En prestation, Lody Kong offre un métal sludge musclé et gorgé de gros riffs convaincants. Les frères Cavalera sont pratiquement nés avec leurs instruments dans les mains. Résultat: on à l’impression de voir une version survitaminée du Silverchair de 1998. Une très bonne mise en bouche même si Igor ne semble pas trop en forme vocalement (on saura pourquoi un peu plus tard).

Une vingtaine de minutes s’écoulent et c’est un autre trio qui embarque sur scène. Today is the Day est le projet hautement nihiliste de Steve Austin (qu’il ne faut surtout pas confondre avec le lutteur Stone Cold Steve Austin). Depuis 1992, Austin partage son mal de vivre grâce à ce vecteur qui a vu passer 25 musiciens dans ses rangs depuis sa création. Personnellement, j’ai beaucoup écouté l’album de 1999, In the Eyes of God, enregistré alors que les deux autres membres de la formation étaient Bill Kelliher et Brann Dailor, respectivement guitariste et batteur de Mastodon. J’ai ensuite perdu la trace de Steve et son métal expérimental excessivement abrasif. Accompagné de ses nouveaux bandmates DJ Cox et Tom Bennett, il livre la marchandise. Austin est un excellent chanteur ultra polyvalent qui alterne facilement entre vocals death et grind en passant par des excès mélodiques bien maîtrisés. Cependant, le spectacle est un peu long et redondant. Nous y retiendrons au final une reprise bien foutue de Sabbath Bloody Sabbath, classique parmi les classiques, ainsi qu’un slam devenu fistfight paritaire, épique et complètement what-the-fuck-esque entre une fille et un gars beaucoup trop imbibés pour l’heure qu’il était. Ces deux-là n’ont clairement pas une grande expérience des Foufs. Quiconque est un brin habitué des lieux sait qu’on ne s’y fait barrer qu’une fois. On ne les reverra d’ailleurs pas de la soirée.

Après un autre 40 minutes d’attente, Soulfly prend enfin la scène d’assaut en nous balançant Wasting Away dans la tronche. Évidemment, Alex Newport est absent mais c’est Igor Cavalera qui assure sa partie vocale en plus de s’occuper des samples. Zyon est lui aussi de retour sur scène pour assurer la batterie alors que Marc Rizzo, guitariste de Soulfly depuis 2003, s’occupe d’accompagner Max à la guitare et que Mike Leon, plus récent membre du line-up, se charge de la 4 cordes. Le père Cavalera a encore un peu de voix même si ses jours les plus fâchés sont derrière lui et l’ensemble est très solide. Cependant, dès 24 Hour Bullshit, le jeune Igor semble en arracher un brin, encore une fois. D’ailleurs après une 4e chanson, il finira par quitter la scène. Après un solo de guitare improvisé de Rizzo servant à camoufler une vérification de la situation par le patriarche, nous avons appris qu’Igor était malade et couché dans son tour bus. On le croyait rattrapé par les rigueurs de la tournée hivernale mais on a appris plus tard qu’Igor a le diabète et que son taux de sucre est devenu trop élevé. Un rhume n’empêcherait jamais Igor de monter sur scène selon les dires de maman Gloria, tels que rapportés par mon pote Christophe Gagné, enquêteur chevronné de Boulevard Brutal. Qu’à cela ne tienne, le spectacle continuera sans 2e voix (sauf pour une chanson chantée par un roadie) et sans les samplings. Les classiques Cockroaches, World of Shit et Sick Life seront joués, ainsi que l’excellente While You Sleep, I Destroy Your World, tirée de l’album live mentionné plus haut. On retiendra surtout le spectacle comme étant le Zyon show. Le fils ainé de Max est une véritable machine à la batterie. Compte tenu du fait qu’un drum machine a été utilisé pour faire l’album original, on peut même dire qu’il clanche la machine les doigts dans le nez, tiens!

Malgré les anicroches, ce fût une autre soirée réussie pour les amateurs de la musique des Cavaleras. Gros mercredi soir, indeed!

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