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POP Montréal 2019 : Steve Hauschildt, Helm et Blanck Mass

C’est au Bar le Ritz PDB que je passerai ma dernière soirée POP Montréal en compagnie d’un line-up pour le moins expérimental. On a débuté la soirée avec la techno minimale de l’américain Steve Hauschild, puis été transportés par l’hypnotisante musique industrielle du londonien Helm, pour enfin sortir complètement sonnés du set expérimental pop de Blanck Mass.

Steve Hauschildt et sa minimale envoûtante

Signé sur l’influente maison de disque Ghostly International, Steve Hauschildt offre est un savoureux mélange d’éléments mélodiques ambiant remodelés avec les codes d’une techno légère et structurée. Originaire de Cleveland en Ohio, l’artiste s’est fait connaître à travers le trio Emeralds, figure importante de la scène avant-garde noise américaine. Hauschildt s’est par la suite émancipé de la formation pour se concentrer sur son projet solo et sortait en 2018 Dissolvi sur lequel il explorait de nouveaux territoires plus accessibles et s’associant notamment avec Julianna Barwick.

La performance de ce soir nous aura complètement absorbés, avec un son ultra clair mêlant rythmes déstructurés à des nappes sonores ambiantes. Hauschildt réussira un vrai tour de force en agrémentant des touches mélodiques très minimales, ce qui donnera une structure bien cadrée à l’ensemble. Des visuels de formes abstraites aux couleurs vives sont projetés en arrière-plan, on rentre avec joie dans l’univers de l’artiste.

L’industrielle expérimentale hallucinante de l’anglais Helm

Deuxième artiste à occuper la scène ce dimanche soir : le jeune londonien Helm et ses intrigantes machines. De son vrai nom Luke Younger, Helm puise ses influences dans le hardcore punk et la musique industrielle en ayant débuté comme seconde moitié de Birds of Delay. Une partie de ses sons a été créée à l’aide d’instruments trouvés qu’il a modifiés, donnant ces sonorités drone et noise.

Arborant ce soir un t-shirt portant les inscriptions SUCKDOG, Helm a livré un set chaotique chargé en basses d’une profondeur obsédante et de mélodies expérimentales semblant tout droit sorties d’outre-tombe. On se sentait réellement désorientés et pénétrés par l’atmosphère pesante instaurée par l’artiste.

Les déflagrations dance abrasives de Blanck Mass

C’est Benjamin John Power aka Blanck Mass qui se chargera de clôturer la nuit devant un public assez dense, enthousiaste à l’idée de voir ce que donne son nouveau-né Animated Violence Mild, sorti en août dernier chez Sacred Bones Records. Débarqué discrètement aux alentours de vingt-trois heures, Power a livré une performance à cent à l’heure et a maintenu son BPM à cent cinquante du début à la fin. Malgré un volume extrêmement élevé, l’anglais semble maintenir une concentration déconcertante et assènera violemment ses mélodies pop héroïques qui rappellent inévitablement celles de SOPHIE. Celles-ci seront couplées, voire recouvertes par des beats lourds et des basses provenant directement de la dance music, et c’est bien ce qui nous plaît chez Blanck Mass. En effet, sa musique est volontairement accessible et forte en émotions, mais elle est aussi obscurcie par de nombreux éléments sonores noise bien moins évidents à écouter.

Le public semble conquis, certains finiront ce set d’une heure dans un état d’exaltation totale.

Mission accomplie.

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