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Pelada : lancement d’album à La Vitrola le 8 novembre 2019

Ce vendredi soir, le duo électronique Pelada fêtait la sortie de son premier LP Movimiento Para Cambio à La Vitrola. Accompagné des espoirs locaux Dregqueen et Backxwash, représentatifs de l’effervescence artistique montréalaise.

Trois ans après la sortie de leur Ep1, le retour de Chris Vargas et Tobias Rochman aka Pelada était pour le moins attendu. Le duo, ayant débuté en arpentant la scène underground experimentale montréalaise, confronte les codes opposés de la deep house et le punk industriel donnant naissance à une musique dansante non conventionnelle. Leur simple, No Hay, les avait propulsés sur le devant de la communauté DIY électronique mondiale et Movimento Para Cambio sorti le 4 octobre dernier chez PAN suit les traces de son prédécesseur, une bombe abrasive boostée aux drum machines et autres synthés analogiques.

Le show de ce soir affiche complet et c’est devant une audience éclectique hyper lookée et débordant d’énergie que se produira Pelada. Arrivés sur scène aux alentours de minuit, Vargas et Rochman livreront une performance sans répit et on ne peut plus frontale. Les paroles scandées en espagnol par Vargas priment de manière évidente sur la musique qui sert davantage de support à un message chargé de conscience politique virulente. Les thèmes abordés incluent la surveillance en ligne, le harcèlement sexuel et la dégradation de l’environnement, criés de manière répétitive et compulsive. Même sans parler espagnol, il est difficile de ne pas vouloir doubler la voix de Varagas tant sa présence est forte, son énergie contagieuse et sa gestuelle provocante. On reconnait quelques-uns des titres joués, notamment Ajetreo dont l’intro rappelle vaguement le Brokeup d’Arca. C’est ultra efficace, les beats et acid synth de Rochman maintiennent un public enthousiaste qui ne cessera de danser durant l’intégralité de la performance. Vargas exprime à de multiples reprises sa gratitude d’être ici ce soir pour ce lancement d’album. On passe de morceaux house dansants agrémentés de rythmiques reggaeton à des assauts sonores bien plus techno, à la croisée entre Chicago, Detroit et le Porto Rico.

Le set de ce soir fera résonner une grande partie des titres présents sur le du dernier opus, mais No Hay sera sans surprise présente dans une version semblant être arrangée pour le live, c’est groovy à souhait.

Après environ 40 minutes retentissent les impacts technos de Asegura où Vargas scande “Connexión al internet / ¿Á dónde va tu información?” (“Connexion internet / Où va ton information?”) renvoyant à la présence en ligne éparse du duo. Ce dernier titre dominé par un simple kick très prenant finira d’achever l’audience de la plus percutante des manières.

Le début de la soirée fut entamé par Backxwash dont le nom résonne très régulièrement dans la métropole. La jeune artiste propose un rap aux influences multiples, passant de trames brutalement dures à la Death Grips à des instrumentalisations plus calmes et morales. La présence de Backxwash est impressionnante et on remarque l’engouement du public qui semble déjà connaître certaines paroles. Artiste à suivre de près.

C’est Dregqueen, autre artiste montante de la scène locale, qui nous aura mis une véritable claque ce soir. Sa performance est destructrice, imaginez une techno chargée de synth-punk joué avec une intention résolument pop. Le niveau sonore menace probablement de faire exploser les enceintes, mais les synthés vrombissants couplés aux cris plaintifs très coldwave de Dregqueen sont tout bonnement jouissifs. Le tout est vécu à 150bpm pour une prestation éclaire. Bluffant.

Chapeau bas à tous ces artistes prouvant que la scène underground montréalaise à de beaux jours devant elle.

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