Concerts

Mutek 2019 — samedi le 24 août

C’est la fin pour cette 20e édition de Mutek. On en profite pour voir France Jobin & Richard Chartier, fuse* et revenir sur les coups de cœur des derniers jours.

A/Visions 3

La troisième soirée de A/Vision débutait avec la version en direct de l’œuvre minimaliste DUO des artistes France Jobin et Richard Chartier, accompagnés par le directeur technique de Touch Designer Markus Heckmann aux visuels. La pièce était constituée de cinq segments, chacun monté autour d’une onde centrale autour de laquelle évoluaient le niveau de clarté et la vitesse d’oscillation de la synthèse analogique. La délicatesse des changements, particulièrement dans l’agencement d’harmoniques et d’effets de battement, rendait l’œuvre particulièrement gracieuse dans ses mouvements. Visuellement, Heckmann transposait très bien l’atmosphère à l’écran, développant le thème à partir d’un hexagone, et plus tard d’une grille hexagonale qui passait de l’entité céleste vaporeuse à la convergence de lignes lumineuses, comme filtrée par de la géométrie cristalline.

L’équipe multidisciplinaire italienne fuse* assurait la deuxième partie avec leur œuvre Dökk, proposant une utilisation complète de la scène avec de la projection double (écran arrière, tulle avant interactif) et une danseuse contemporaine placée au centre. La performance a commencé tout doucement, comme si l’interprète se réveillait et prenait progressivement possession du lieu, enveloppée par les deux écrans et les lampes latérales. Elle généra ensuite une première ponctuation musicale en poussant le tulle vers l’avant, provoquant un effet de test aérodynamique dans la projection, avec le bruit de vent correspondant. L’interaction entre la danseuse et le tulle s’est développée légèrement jusqu’au segment suivant, durant lequel ses mouvements chorégraphiques semblaient manipuler les particules projetées sur les deux écrans, mettant en place un effet de sphère qui tourne dans toutes les directions. L’effet était très réussi, bien que l’on perdait un peu la présence de l’interprète dans l’espace créé.

Soirée courte et très satisfaisante en ce qui me concerne puisque les oreilles étaient déjà saturées après les deux performances au Théâtre Maisonneuve. Néanmoins, il y avait la soirée Play 3 qui s’annonçait très bien à l’Agora, avec Stéphanie Castonguay en ouverture qui allait interpréter Scanner Me, Darkly, ainsi qu’une performance live de l’Ensemble d’oscillateurs fondé par nul autre que l’artiste Nicolas Bernier.

MUTEK 20

Le vingtième anniversaire de MUTEK était une occasion parfaite de se mettre à jour sur ce qui se trame en musique électronique, du moins dans le créneau un peu plus académique de celle-ci. En effet, à la différence de festivals comme île Soniq et MEG Montréal, MUTEK s’intéresse beaucoup plus à la recherche et au développement sonore, à la redéfinition des frontières entre le langage musical et le langage technologique. C’est une approche passionnante qui a ses qualités et ses défauts, à savoir que la découverte de nouveaux territoires est évidemment très excitante et captivante, mais peut également ennuyer et lasser par moment, spécialement lorsque la majorité semble intéressée par le même territoire.

Dans cet ordre d’idée, il y avait beaucoup de minimalisme drone cette année, uniformisant en quelque sorte l’étendue de l’offre expérimentale, et permettant ironiquement aux performances légèrement plus codées de se démarquer du lot. En ce sens, mes coups de cœur de MUTEK 20 se résument au duo lettonien Domenique Dumont, au montréalais Lucas Paris, au japonais Ryoichi Kurokawa et au duo de Myriam Boucher & Pierre-Luc Lecours. Pendant ce temps, il y avait évidemment beaucoup de monde qui dansait sur les rythmes endiablés des soirées Expérience, Motion et Nocturne, parties du festival qui utilise davantage le bassin comme outil de réception musicale.

Crédit photo: Bruno Destombes

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