Matt Berninger + Hannah Goergas au Théâtre Beanfield le 21 mars 2026
L’auteur-compositeur et interprète et chanteur du groupe de National, Matt Berninger, jouait samedi sa dernière date canadienne chez nous, à Montréal, au Théâtre Beanfield. Même si celui-ci a témoigné avoir eu froid à cause de la température lors de cette tournée, il a témoigné avoir reçu beaucoup d’amour de la part du public canadien. Est-ce que Montréal allait lui en donner tout autant ?
La vente de billets n’annonçait pas une salle à guichet fermé. Le concert affichait complet depuis belle lurette. Le balcon s’est rempli assez rapidement, contrairement au parterre qui était un peu plus timide. Mais une fois que la musique est partie, vous connaissez la chanson…

Hannah Georgas
Originaire de Vancouver, Hannah Georgas est venu présenter, avec ses musiciens, son univers folk avec des touches de rock et qui, parfois, notamment sur Elephant, peut même adopter un côté électronique. Celle qui passait de la guitare au piano entre les chansons était nappée d’un jeu de lumière qui volait entre le chaud et le froid.
Accompagné d’un batteur et d’un guitariste, il n’y avait aucun compromis par rapport à sa proposition. Même que Matt Berninger est venu briser le mur en accompagnant Georgas sur Pray It Away. Cependant, le public semblait peu réceptif et il était difficile de bien entendre. C’était un choix parfait comme première partie qui complète bien l’acte principal. Si vous aimez la musique de The National et que vous ne la connaissez pas encore, je vous invite à vous intéresser à celle-ci.

Matt Berninger
À 21h10 au Théâtre Beanfield, Waiting For The Miracle, de Leonard Cohen, l’un des artistes préférés du chanteur, s’entame sur la scène dans un lieu tamisé de lumières bleues. Berninger a attaqué immédiatement le matériel de Get Sunk. Armé de son micro, il a envahi la scène comme peu de gens le font. Il marchait dans toutes les directions et est même allé rejoindre le public pour se coller à lui et chanter les paroles ensemble. Malgré sa prestance énergétique, Berninger est aussi doux, rassurant et généreux. Il semble que rien ne sépare ses ambitions de la réalité. S’il veut marcher au parterre, il le fait, s’il veut partir aux toilettes et laisser sa choriste/pianiste Ronboy faire une blague sur scène, il le fait.
Les gens ont un sourire étampé au visage alors qu’il les portent à travers son folk rock. Évidemment, ça rappelle son groupe The National, mais Matt Berninger prouve aussi que, contrairement à certains autres chanteurs qui se sont lancés en solo, même seul, il est tout autant pertinent musicalement. La musique de Matt Berninger appelle à la chaleur humaine et les couples se collent et s’embrassent portés par la beauté de la voix du chanteur. Comme spectateur, on ne peut pas rester insensible à ça. Mais avec du recul, embrasser sa partenaire sur Walking On A String, qui n’est absolument pas une chanson d’amour, c’est bizarre.
Il y avait même une jeune fille, accompagnée de ses parents, qui se tenait à l’avant-scène, une des rares personnes à être venues en famille. Pendant que Berninger interprétait ses chansons comme des monologues au théâtre, il fixait longtemps plusieurs membres du public, donc cette petite fille, à qui il a offert son harmonica après l’interprétation de Martini Me Fatso, «Elle s’appelle Monica, prends en soin !» D’ailleurs, celle-ci, tout comme Invisible Jerk, sont des nouvelles chansons. Celui-ci nous a aussi offert Ask For Water, qui a été interprété pour la première fois chez nous. Après un départ brouillon, le groupe s’est rattrapé pour finir en beauté.
Matt Berninger a fait plaisir avec quelques reprises de National, dont Light Years, en duo avec Hannah Georgas, et Terrible Love. Durant le rappel, il nous a tous surpris avec une reprise rock, sans effet électronique de Blue Monday par New Order avant de réinviter Georgas et ses musiciens pour un dernier tour de piste sur Inland Ocean, la première chanson du nouvel album Get Sunk.
Je suis reparti de cette soirée avec le cœur rempli et je suis convaincu que c’est aussi le cas pour Berninger. Et pour le prix du billet, c’est un retour sur investissement qui le valait amplement.
Liste des chansons
- No Love
- Frozen Oranges
- Breaking into Acting
- Distant Axis
- Silver Springs
- Invisible Jerk
- Ask for Water
- Martini Me Fatso
- Nowhere Special
- Walking on a String
- One More Second
- Silver Jeep
- Little by Little
- Light Years (de The National)
- Terrible Love (de The National)
- Bonnet of Pins
Rappel
- Times of Difficulty
- Blue Monday (de New Order)
- Inland Ocean


































Crédit photo: Charles-Antoine Marcotte