Concerts

Les Francos de MTL 2018 : Zen Bamboo et la folie de la jeunesse

C’est par un début de soirée chaud et ensoleillé que Zen Bamboo lançait cette semaine complète de Francos.

 

Le quatuor a investi la scène Hydro-Québec avec fougue, jovialisme et une bonne dose de rock. Tout ça devant une foule qui était majoritairement jeune, mais allait quand même du 20 à 60 ans. Malgré l’aventure un peu plus acoustique du Volume 3 : carrière solo, ce sont les guitares distorsionnées qui étaient maîtres en ce début de spectacle. Le quatuor sait habilement passer de sonorités bruyantes à des moments plus doux sans que ça jure et leur exécution est à point. Arrive la puissante Si c’est correct et la foule commence à fredonner les paroles. Puis, la touchante Cancer, qui montre que malgré son côté cabotin, Simon Larose sait aussi se faire plus touchant. On le sent tout de même nerveux et lorsque l’émotion monte plus que sa capacité à la contenir, ses pattes se mettent à piétiner le sol comme pour retenir la bête. C’est réussi! Le ton reste juste et l’énergie, bien à niveau.

Zen Bamboo nous offre un bon mélange de gros groove bien gras et d’explosion de guitare agressive. Mais là, il est temps que quelqu’un fournisse au groupe des amplis qui crachent un peu plus. Sur la scène de l’Esco, ça passe, mais pour une scène extérieure des Francos, ça manque de oumf. Surtout qu’ils méritent de sonner à la hauteur des sparages qu’ils font si habilement. Même chose quand l’énervement est à son comble, on perd des paroles parce que Larose chante à côté du micro. Pas si grave, on aurait juste pris un peu plus de cris dans nos oreilles avides de rage. Le groupe s’est résolument assagi et a pris du galon dans la dernière année, mais on n’efface jamais vraiment le cabotin en nous. Le quatuor s’en est donné à cœur joie. Léo Leblanc s’amuse à faire des faces, à se faire brasser les cheveux pendant que Larose perd son pic au début d’un riff. Et pourtant, musicalement, ça ne paraît presque pas. Ils commencent à être sérieusement rodés en spectacle et sont entièrement à l’aise avec le chaos qu’ils créent sur scène.

La formation nous envoie une nouveauté (je pense qu’elle s’appelle Kanye) qui se retrouvera sur le Volume 4 : retour aux sources à venir plus tard cet été. À mes côtés, pendant les chansons, des jeunes adultes fringants chantent toutes les paroles des chansons avec une maîtrise surprenante. Coudonc’ Zen Bamboo, ça pogne, hein? C’est parfait de même. Sauf qu’avec toute leur jeunesse et leur folie, ils ont oublié de calculer le temps. Ce qui fait que le technicien de son, qui voulait sans doute ne pas manquer une minute de Kevin Parent sur la grosse scène, a coupé le son et les éclairages. Se faire couper le courant sur la scène Hydro-Québec, il y a quelque chose de profondément poétique à tout ça. Zen Bamboo a répliqué de la meilleure façon en terminant sa chanson sans amplification et en remerciant la foule de vive voix. Bien joué! C’est sous un mélange de chants de : « Zen Bamboo » et « Fuck les Francos » que la foule s’est dispersée pour… ne pas aller voir Kevin Parent.

Crédit photo: Alexanne Brisson

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