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Le Festival en Chanson de Petite-Vallée 2018 : la mer, le bonheur et la jeunesse.

Les 9 h de route qui sépare Montréal et Petite-Vallée en valent largement la peine. Dès la première soirée, les émotions étaient au rendez-vous.

 

Le Festival s’est mis en branle sur une annonce des plus réjouissante. La ministre Marie Montpetit a annoncé un investissement de 6,5 millions en vue de la reconstruction du Théâtre de la vieille forge. On se rappellera les tristes événements de l’année dernière, lorsque le théâtre avait brûlé. Ajouté à la somme déjà amassée par l’organisation du festival, on peut enfin se dire que cette institution renaîtra de ses cendres (oui, c’est vraiment mauvais comme jeu de mots). En attendant, une tente à la fine pointe de la technologie sert de salle de spectacle et ça fonctionne très bien.

 

L’amour, c’est beau

Il faut dire qu’il est difficile de rester insensible à un mur d’enfants qui chantent des chansons en chœur. Cette année, les artistes passeurs célébrés sont Louis-Jean Cormier et Marie-Pierre Arthur. C’est un cas de figure différent dans la mesure où ces deux-là ont Petite-Vallée dans le sang. Arthur vient de la ville, la famille de la mère de Cormier vient de l’endroit et les deux ont fait toutes les étapes possibles des camps en chansons, aux concours jusqu’au festival. Et maintenant, la consécration, celle d’être célébré par les élèves des commissions scolaires environnantes devant parents, amis et famille. Une atmosphère d’amour et de solidarité empreignait l’air.

Les moments narrés entre les chansons étaient imagés par Guillaume Coulombe, un jeune dessinateur très talentueux du coin. On a eu droit à plusieurs moments de grande beauté, mais notons particulièrement La Fanfare de Louis-Jean Cormier, un hymne né de la grève de 2012, porteur d’un espoir lumineux chanté par un mur de chanteur, disons que ça a quelque chose de magnifique. Les deux protagonistes ont rejoint les enfants pour chanter All Right du côté de Marie-Pierre Arthur et Tout le monde en même temps du côté de Cormier.

 

Hubert Lenoir

Le jeune Hubert Lenoir est arrivé en lion… mais sur le bout des pieds. D’abord Noémie, une douce balade, avant de se lancer dans une session de noise qui a abouti dans Fille de personne II. La performance était bien vibrante et très solide musicalement. Il faut dire qu’il est bien entouré. Lou-Adriane Cassidy l’appuie avec une foule d’instruments et sa voix avec un aplomb impressionnant. On retrouve aussi Shampooing, le fameux guitariste d’habitude aux côtés de Tire Le Coyote, à la basse, Alexandre Martel à la guitare et trois autres musiciens très habiles.

Hubert Lenoir cultive l’ambiguïté et cherche à provoquer. Il parle ouvertement de ces questions que les gens plus conservateurs se posent sur sa sexualité, sur son genre et sa réponse : on s’en fout. Il fait beaucoup de sparages entre ses interprétations parfaites des pièces de Darlène. Par ici, il se verse de la bière sur la tête, par-là lance un micro ou encore danse un slow sur scène avec un spectateur. C’était convaincant et rempli d’authenticité.

 

Des jeunes vétérans

Cette deuxième journée nous a permis de tirer au clair une chose:  l’eau en Gaspésie n’est pas chaude à la fin juin, que ce soit à 16 h ou à minuit. Je vous passe les détails, mais je pensais y laisser mes pieds. Entre ces escapades nautiques, le chapiteau de Grande-Vallée était le théâtre d’un plateau-double de deux artistes particulièrement fiables : Klô Pelgag et Philippe Brach. Fidèles à leur habitude, les deux jeunes musiciens ont livré tout un spectacle.

Klô Pelgag toujours vêtue de son habit de Capitaine Québec lumineux a rapidement emporté le public dans son imaginaire poétique. Rapidement, les gens étaient debout devant la scène, ce qui est plutôt inhabituel. Elle a livré des chansons de ses deux albums passant par les Rayon X sublimes, les Ferrofluides-fleurs convaincantes et Les instants d’équilibre toujours aussi mélodieuse.

Par la suite, c’est Philippe Brach qui a pris la scène. Il a livré des pièces de son plus récent album, La peur est avalanche et Mes mains blanches. On a eu droit aussi à un moment d’accalmie avec PakistanTu voulais des enfants et AliceKlô Pelgag est revenue pour Si proche et si loin à la fois. Il nous a graciés aussi de quelques pièces de son premier album dont, Dans ma tête et Gaston. Un concert tout à fait réussi. C’est le fun de voir à quel point ces deux artistes ne nous surprennent plus par leur aplomb. Ils sont maintenant confirmés comme de jeunes joyaux sur lesquels on peut dépendre en tout temps.

 

Des fins de soirées marginales

C’est Violett Pi qui avait la tâche de mettre fin à cette soirée et il l’a fait avec toute la folie dont il est capable de faire preuve. Alternant rapidement les moments de mélodies à des éclatements musicaux, il a démontré qu’il était en parfait contrôle de son art. Parce qu’être atypique, c’est une chose, de réussir à faire un spectacle qui semble partir dans tous les sens à la fois, mais avec un contrôle olympien sur le tout, s’en est une autre.

Déjà deux journées de Petite-Vallée ont livré des moments de pur bonheur et la résilience des habitants et de l’organisation à continuer leur mission est admirable. Encore une fois, on est accueilli avec chaleur et amitié par tous ici. On se sent à la maison là où l’amour et la chaleur sont maîtres et rois.

 

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